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DIPLOMATIE SÉCURITÉ

RDC: rapport du conseil de sécurité de l’ONU, le M23 décline tout appui du Rwanda

Le groupe d’expert des Nations-Unies a dressé  un rapport   confidentiel au conseil de sécurité de l’ONU qui accuse le Rwanda de soutenir le mouvement du 23  mars dans le but de déstabiliser la RDC. Le porte-parole du  M23 a  rejeté toute les accusations  du dudit rapport  de collaborer avec le Rwanda.          

Le rapport des experts des Nations-Unies fait savoir que  le M23  est resté inactif jusqu’au début de novembre 2021, date à laquelle il a lancé une première série d’attaques contre des positions des FARDC et de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature près de la zone où se rejoignent les frontières entre la République Démocratique du Congo, le Rwanda et l’Ouganda, tuant des écogardes de l’ICCN et des soldats des FARDC, et volant des armes, des uniformes, du matériel de communication et des vivres, renforçant ainsi ses capacités militaires . 

Ce rapport a indiqué que ces attaques et d’autres attaques ultérieures du M23 ont poussé des civils à fuir la région par vagues successives. Après un mois d’accalmie, le M23  a lancé de nouvelles attaques contre les FARDC et les positions de l’ICCN à Rutshuru, à la fin de décembre 2021, puis à nouveau fin janvier 2022. 

Selon  le rapport, la fréquence, la durée et l’intensité des attaques du M23 ont suivi une courbe ascendante, tout comme le nombre de victimes des FARDC, ce qui indique un plus grand degré de «professionnalisme», un recrutement plus actif et de meilleures capacités de réapprovisionnement. Ainsi, une attaque du M23 contre les FARDC à Nyesisi, dans le territoire de Rutshuru, a débuté dans la nuit du 24 au 25 janvier 2022 et entraîné la mort d’au moins 40 membres des FARDC, dont leur commandant.

Des multiples attaques ont été lancées 

Le même rapport dit que  les attaques de 2021 et 2022 ont été lancées sous le commandement militaire général de Makenga, tandis que le « colonel » Yousouf Mboneza dirigeait les opérations sur le terrain. Bisimwa, qui a été contraint par les autorités ougandaises de quitter Kampala le 5 janvier 2022, est resté le dirigeant politique du M23.  

Ces experts parlent que le 25 mars 2022, après plusieurs mois de silence, il s’est ouvertement prononcé en faveur des opérations. Le quartier général du M23 était situé sur le Mont Sabinyo, en République démocratique du Congo, où se rejoignent les frontières de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et de l’Ouganda, offrant au mouvement un avantage stratégique en ce qui concerne les voies d’entrée et de sortie.

De l’inclusion des forces de l’armée rwandaise 

Ce rapport mentionne qu’à  partir de novembre 2021, le M23  a commencé à recruter dans le camp de Bihanga, et à partir de janvier 2022, dans les territoires de Masisi et de Rutshuru et à Kitshanga, en République Démocratique du Congo, ainsi qu’au Rwanda, pour renforcer rapidement ses troupes. En conséquence, alors qu’une estimation de 100 à 200 combattants a été impliquée lors des attaques menées entre novembre 2021 et janvier 2022, au moins 400 combattants ont été observés lors de l’attaque de Bunangana, le 29 mars 2022, tandis que d’autres combattants ont été observés près de Matebe et sur la route de Rugari-Kibumba le même jour. 

Les forces armées et les forces de sécurité de la République Démocratique du Congo ont signalé la présence d’individus portant des uniformes de la Force de Défense Rwandaise  dans des camps du M23 situés en République Démocratique du Congo, ce qui a été confirmé par des images aériennes et des preuves photographiques. Néanmoins, le Gouvernement rwandais a catégoriquement nié tout soutien actif ou passif de la RDF. 

Le M23 était bien équipé, possédant notamment des fusils d’assaut de type AK47 et des armes automatiques PKM, des fusils mitrailleurs, des mitrailleuses lourdes de 12,7 mm, des lance-roquettes, des mortiers de 60 mm et des jumelles de vision nocturne. Au début d’avril 2022, le M23 a saisi des pièces d’artillerie des FARDC. 

Lors des réunions avec le Groupe en janvier et mars 2022, des autorités de la République Démocratique du Congo ont affirmé que le M23 opérait avec le soutien des forces spéciales de la RDF. En outre, le 28 mars 2022, le porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu a déclaré publiquement que, dans la nuit du 27 au 28 février, le M23, soutenu par la RDF, avait fait des incursions et attaqué des positions des FARDC à Tshanzu et à Runyoni. Cette affirmation a été catégoriquement réfutée tant par le gouvernement rwandais que par le porte-parole du M23. 

Le M23 comme rêve de prendre la ville de Goma

Le Groupe  des experts de l’ONU note, dans sa déclaration, que le porte-parole du gouverneur mentionne la capture de deux soldats présumés de la RDF pour soutenir ses propos. Cependant, les deux soldats en question avaient été arrêtés bien avant la déclaration du porte-parole du gouverneur. À la suite d’une mission de vérification réalisée en décembre 2021, le mécanisme conjoint de vérification élargi a précisé qu’il n’était toujours pas possible de savoir si la résurgence du mouvement était le résultat d’un quelconque soutien étranger.

Ce rapport précise que six combattants du M23 qui ont été capturés ont déclaré que le plan de Makenga était d’attaquer et d’occuper les villes de Bunangana, Rutshuru et Rumangabo, de couper la route stratégique Goma-Rutshuru, puis de prendre Goma, afin de forcer le gouvernement à accepter les demandes du M23 en matière d’amnistie, de restitution d’avoir, de retour en République Démocratique du Congo, d’intégration aux FARDC et d’attribution de postes politiques . 

Toutefois, leur discours a radicalement changé en mars 2022, lorsqu’ils ont accusé à plusieurs reprises les FARDC d’attaquer leurs positions sur les monts Mikeno, Karisimbi, Visoke et Sabinyo, et le gouvernement de refuser intentionnellement toute solution pacifique et de faire le choix de la guerre. Le M23 s’est alors réservé le droit de se défendre et a annoncé qu’il poursuivrait la lutte pour apporter un changement qui ait du sens dans le pays.

Le rapport salué par la RDC 

Dans un communiqué, le gouvernement  congolais a déclaré qu’il appréciait le rapport du  groupe d’expert de l’ONU affecté au conseil de sécurité de l’ONU. Le Congo dit que la preuve le pays  ne peut pas nier ce dont  on l’accuse et qu’il doit sa culpabilité et sa responsabilité  à l’insécurité dans notre pays. L’État demande au conseil  de sécurité de l’ONU de condamner l’insurrection  qui a tué de nombreuses personnes et de faire partir complètement  les rebelles  du mouvement de 23 mars  où  qu’ils soient. L’État du Congo demande également  au conseil de sécurité de l’ONU de soutenir le processus judiciaire  pour blâmer les personnes impliquées et obtenir  une indemnisation  pour les familles  qui ont perdu leurs proches.

De l’autre côté, le porte-parole du gouvernement du Rwanda Yolande Makolo  fait savoir qu’elle ne peut pas s’exprimer sur le rapport qui n’est pas encore publié ou notifié par le conseil de sécurité de l’ONU. Ce communiqué précise également que si la question de la FDLR qui collabore plus proche avec les FARDC n’est pas prise en considération et résolu, la sécurité  dans les pays des grands lacs est inaccessible. Ce communiqué rappelle que des bombes ont été lancées en provenance de la RDC. Le Rwanda demande s’il y a eu une enquête  sur le rapport des experts  de l’ONU publié en juin. Ce communiqué précise également que le Rwanda à droit légitime de protéger sa souveraineté et son peuple. Aussi le  problème du M23 est bien connu que c’est le problème de la république Démocratique du Congo alors  qu’il veut jeter le fardeau sur d’autres pays. 

De la source des équipements militaires 

Le porte-parole du mouvement M23 abonde dans le même sens que le Rwanda. Il se pose la question d’où est venu ce rapport confidentiel. Il  fait savoir qu’il ne peut pas beaucoup s’exprimer sur  ledit rapport. Willy Ngoma, porte-parole de ce mouvement, réfute toujours les allégations du rapport qui l’indique de collaborer avec le Rwanda dans la déstabilisation de la RDC. Ce mouvement  parle qu’il n y a aucune présence de forces rwandaises dans le mouvement. Selon lui,  le mouvement du 23 mars est composé de 99% des anciens de la FARDC. Le gouvernement congolais le sait bien. Au lieu de résoudre le problème, il veut le contourner en cherchant un bouc-émissaire.  

Le porte-parole a dévoilé les trois sources d’approvisionnement d’armement. Premièrement il s’approvisionne auprès de la FARDC, deuxièmement  son ravitaillement sont des armes  déterrés qui ont été enterré en 2013 avant leur replie en Ouganda  et le dernier  approvisionnement sont des armes récupérés auprès des FARDC  lors des affrontements. Il dit nous avons revenir  sur le champ de bataille avec une grande puissance. Et d’ajouter que les militaires de ce mouvement ont été bien formés.  Selon lui, le mouvement du 23 mars  a  entamé la guerre dans le but  de restaurer la démocratie, de  lutter contre l’injustice  qui règne dans ce pays, la xénophobie, le tribalisme ainsi que  le discours de la haine. 

Ce groupe d’experts recommande  aux  gouvernements  des pays de la région  à affirmer les termes de l’accord-cadre pour la paix, la sécurité  et la coopération pour la RDC et la région, signé à Addis-Abeba en 2013.

Pacifique Gahama                 

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