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Burundi : La maladie fistule obstétricale gagne du terrain, l’Etat ne baisse pas les bras

La maladie d’injustice sociale fistule obstétricale, reste toujours présente au Burundi quelques soient les efforts du gouvernement.  Une fois encore le gouvernement appelle  les femmes et filles souffrant de la maladie à se rendre au centre URUMURI de l’hôpital régional de Gitega pour des soins gratuits.

L’appel a été lancé le 2 septembre 2022, par le Dr Ananie Ndacayisaba, Directeur Général du Programme National de la Santé et Reproduction (PNSR), dans un atelier de sensibilisation sur la lutte contre les fistules obstétricales à l’endroit des journalistes.

Au cours de cet atelier organisé par le Ministère de la Santé Publique et de la lutte contre le VIH Sida, à travers son Programme National de la Santé et Reproduction (PNSR), avec l’appui financier de l’UNFPA Burundi, le DG du PNSR dit que ces femmes ont du 5 septembre jusqu’au 5 octobre 2022 pour se présenter au centre.

Gervais Barampanze, assistant du représentant de l’UNFPA, explique que depuis 2010, 3029 filles et femmes, soit 25% d’entre elles qui ont moins de 25 ans, ont été opérées au centre URUMURI de l’hôpital régional de Gitega. S’appuyant sur les statistiques hospitalières de 2021,  Dr Ananie Ndacayisaba, Directeur Général de PNSR,  précise  que 97% de ces filles et femmes ont été bien soignées et guéries.

L’ampleur de la maladie 

La fistule obstétricale est une perforation entre le vagin et la vessie et/ou le rectum, due à un accouchement long et difficile en l’absence d’un personnel de santé qualifié et de soins obstétricaux d’urgence comme la césarienne. Elle provoque une fuite d’urine et/ou de matières fécales par le vagin, et entraîne à plus long terme des problèmes médicaux chroniques, Yolande Magonyagi, chargée du programme de santé reproductive à l’UNFPA. Elle ajoute que cette maladie peut s’accompagner par l’atteinte de la santé mentale, du fait de la stigmatisation, de l’isolement, du rejet familial ou de la communauté. 

Les causes de cette maladie 

Mme Magonyagi explique que sans intervention d’urgence, le travail prolongé peut durer plusieurs jours et se solder par un décès ou une grave invalidité. En l’absence de soins, la circulation du sang dans les tissus du bassin peut être bloquée, provoquant une nécrose. L’élimination du tissu nécrosé laisse un trou (ou fistule en termes médicaux) dans le vagin. Il existe une étroite corrélation entre la fistule et la mortinatalité. 

Les recherches indiquent en effet que près de 90% des femmes qui contractent une fistule obstétricale finissent par accoucher d’un bébé mort-né. Les statistiques pour UNFPA continuent à montrer que ces nouveaux mort-nés représentent un pourcentage de  62%.

Parmi les catégories de facteurs favorisants la maladie, on trouve des mariages précoces pour les moins de 18 ans, des grossesses pour des femmes de petite taille, inférieure à 1m 50cm, un rétrécissement du bassin déformé, du grafoeutus par rapport au bassin de la femme et aussi du fœtus malformé, par exemple l’hydrocéphalie.

Les conséquences de la maladie 

La fistule obstétricale est une maladie humiliante, isolante, et la femme ou la fille peut vivre cette injustice sociale pendant des années. Une fois non traitée, la fistule obstétricale provoque une incontinence chronique et peut entraîner divers troubles physiques comme les infections fréquentes, maladie rénale, blessures douloureuses et infertilité, a dit Mme Magonyagi. Les lésions physiques associées à des idées reçues sur la cause de la fistule peuvent également conduire à la stigmatisation et à la discrimination, ce qui provoque l’isolement social, des souffrances psychologiques ainsi que des troubles de la santé mentale. 

En effet, les femmes et filles atteintes de fistule ne peuvent généralement pas travailler, et sont souvent abandonnées par leurs maris et leurs familles, rejetées par leur communauté, ce qui aggrave leur pauvreté. Elles deviennent encore plus vulnérables et leur qualité de vie se détériore davantage.

Vaut mieux prévenir que guérir!

La persistance de la fistule obstétricale est une tragédie, mais l’espoir existe car la maladie est évitable, traitable et curable. Pour prévenir la fistule à 0% dans l’avenir, trois aspects sont à mettre en avant par l’UNFPA, et c’est notamment l’accès à l’utilisation des soins obstétricaux et des services de planification familiale, lutter contre les mariages et les maternités précoces, M. Barampanze.

Il affirme que la mise en application de ces aspects va permettre d’atteindre les trois zéros d’ici 2030 qui sont au cœur du mandat de ces agences onusiennes à savoir le zéro satisfait en planification familiale, le zéro de décès maternelles évitables et le zéro de cas de violences basées sur le genre et toute pratique néfaste.

Lire : Pénurie des préservatifs : cinq bonnes raisons de s’en inquiéter

Le ministère ayant la santé dans ses attributions invite les filles et femmes qui souffrent de la maladie de la fistule obstétricale dans tous les coins du pays à se rendre au centre URUMURI de l’hôpital régional de Gitega pour se faire soigner gratuitement, dans cette période du 5 septembre au 5 octobre 2022, Dr Ananie Ndacayisaba, Directeur Général de PNSR. Il insiste en disant que celui ou celle qui n’a pas les moyens de s’y rendre, le ministère va passer pour les prendre  dans ces provinces.

Signalons que toutes les opérations concernant les fistules obstétricales vont être faites par des docteurs burundais qualifiés pour soigner la maladie, accompagnés du grand docteur malien connu pour son nom Philippe HONORÉ, Gynécologue médical et obstétrique, élucide M. Ndacayisaba.

Blandon Uwamahoro

 

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