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Muhammadu Buhari réélu pour un second mandat à la tête du Nigeria

Le président sortant "est déclaré vainqueur et est réélu", a officialisé le président de l’INEC, Mahmood Yakubu mercredi à l’aube, sachant que la compilation des résultats avait mis fin au suspense dès mardi soir. Avec les résultats des 36 Etats du pays ainsi que de la capitale fédérale Abuja, M….

6 min de lecture

Les écarts entre les candidats, tout deux haoussas du nord et musulmans, étaient certes moins prononcés que lors du scrutin de 2015, entre Buhari et Goodluck Jonathan, chrétien du Delta, mais Buhari a réussi à maintenir une large avance sur son adversaire.

– Recours légaux –

Atiku Abubakar, riche homme d’affaires et ancien vice-président du Nigeria entre 1999 et 2007, a la réputation d’être l’un des hommes politiques les plus corrompus du pays.

Buhari, ancien général qui avait déjà dirigé le pays en 1983 pendant les dictatures militaires, est un homme austère qui s’est engagé à mener une lutte féroce contre la corruption, le "cancer" qui ronge le premier producteur de pétrole d’Afrique.

Après un premier bilan très mitigé et critiqué sur les questions économiques et sécuritaires, Buhari gardait une large avance dans ses bastions où il dépassait les 70%, mais a perdu près de 435.000 voix dans l’immense ville de Kano (nord), l’un de ses fiefs. Ses détracteurs l’accusent également de mener une chasse aux sorcières contre ses opposants sous couvert de lutte anti-corruption.

M. Abubakar n’a de son côté pas réussi à faire l’unanimité dans la région yorouba du sud-ouest, où le parti au pouvoir a gardé la majorité des votes, ou dans le sud-est igbo, malgré le choix de Peter Obi, ancien gouverneur de l’Etat d’Anambra, comme vice-président.

L’opposition a dénoncé des fraudes massives du parti au pouvoir pour maintenir Muhammadu Buhari à la tête du pays, et avait demandé l’interruption des résultats mardi soir. Toutefois, cette demande ne peut se faire que par voie de justice.

"Situation Room appelle les partis politiques et les candidats qui ont des griefs avec le processus électoral à utiliser les recours légaux pour le faire", a annoncé le groupe de surveillance de la société civile dans un communiqué, après avoir dénoncé des manquements graves dans l’organisation du scrutin.

Retards à l’ouverture des bureaux de vote, intimidations d’électeurs, destruction de matériel électoral: la société civile et les observateurs ont dénoncé de nombreuses irrégularités et recensé au moins 53 morts dans des violences électorales.

– Faible taux de participation –

La mobilisation des électeurs nigérians a été faible lors de ce scrutin, avec un taux de participation d’environ 40%.

L’affluence a ainsi reculé dans quasiment tous les Etats du pays, notamment dans le sud-est. Dans l’Etat d’Abia par exemple, où les mouvements séparatistes pro-Biafra ont une forte assise populaire, le taux de participation n’a été que de 18%.

A Lagos également, capitale économique de l’Afrique de l’ouest et réservoir très important de voix avec plus de 6 millions d’électeurs enregistrés, le niveau de participation ne dépassait pas les 20%.

Les observateurs s’inquiètent de cette "faible mobilisation" qui "pourrait affecter la crédibilité du vainqueur de cette élection", déjà entachée par des accusations de fraudes.

"Cela aura un impact négatif sur le prochain gouvernement", explique l’un d’eux à l’AFP.

"La raison principale pour laquelle les électeurs ne se déplacent pas, c’est qu’il ne sentent pas la présence de l’Etat dans leur vie quotidienne", explique à l’AFP Nana Nwachukwu, activiste pour la campagne Not Too Young Too Run (Pas trop jeune pour s’engager en politique).

"L’apathie générale est due au fait que les Nigérians ne peuvent pas compter sur leur gouvernement", note-t-elle.

Le Nigeria est le premier producteur de pétrole du continent avec près de 2 millions de barils par jour, mais manque toujours d’infrastructures basiques, d’électricité ou d’eau courante et 87 millions de Nigérians vivent désormais sous le seuil de l’extrême pauvreté.

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