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POLITIQUE

Traite des êtres humains : 1 735 cas de traite entre janvier 2017 et juin 2022 au Burundi

Traites des etre humains au Burundi
L’organisation Internationale pour les migrations a présenté au mois de juillet dernier, les chiffres clés de traite des êtres humains au Burundi. 1 735 cas ont été identifiés entre janvier 2017 et juin 2022.  Ces chiffres étaient présentés lors de la table ronde animée par l’OIM et l’UNICEF, tenue à Bujumbura le 28 juillet, à l’occasion  de la journée mondiale de la lutte contre la traite des êtres humains.

Le Burundi a célébré le 28 juillet 2022, la journée mondiale de la lutte contre la traite des êtres humains, à travers une table ronde organisée par l’OIM et l’UNICEF.  Sous le thème « Usage et abus de la technologie », cette journée était un jour de réflexion et  une occasion pour les organisations œuvrant dans le domaine de la lutte contre la traite des êtres humains, de dénoncer l’impact de la technologie sur la traite des êtres humains.

« L’impact de la technologie sur la traite des êtres humains est particulièrement préoccupant  dans certaines phases du processus de traite notamment le recrutement  et l’exploitation », a dénoncé Epitace Masumbuko, président de la commission nationale de concertation et de suivi sur la prévention et la répression de la traite des personnes.

Cependant, l’utilisation de la technologie pourrait être mise à profit pour lutter contre ce fléau. « L’utilisation de la technologie est aussi une grande opportunité pour l’éradication de la traite des êtres humains. Ainsi, les activités de prévention et de sensibilisation à l’utilisation sûre d’internet et des médias sociaux pourraient contribuer à atténuer le risque d’être victime de la traite en ligne », a indiqué l’Ambassadeur Isaïe Kubwayo, Directeur Général pour les Relations multilatérales du Ministère des Affaires Etrangères, lors de son discours d’ouverture de cette table ronde.

Entre  2017 et 2022,  l’Organisation Internationale pour les Migrations, a identifié 1 735  victimes  de la traite des êtres humains dont 80 % sont des femmes et 20 % sont des hommes. « Durant cette table ronde, je vous encourage à réfléchir ensemble sur les initiatives et mécanismes de coopération nationale qui peuvent  être élaborés pour lutter contre ce fléau et améliorer la situation des droits humains au Burundi », a fait appelle  Jeroen Theodurus Maria Gerardus Steeghs, l’Ambassadeur du royaume de Pays-Bas au Burundi.

Pour réussir la lutte contre la traite des êtres humains, il faudrait travailler ensemble, en bâtissant des approches multisectorielles afin que  le Burundi puisse atteindre ses objectifs, a dit Damien Mama, le Coordonnateur Résident du système des Nations unies au Burundi lors de son mot de circonstance de la célébration de cette journée.

Des efforts remarquables dans la lutte contre la traite des êtres humains

Le 19 juillet 2022, le département d’État américain a publié le rapport annuel 2022 sur la traite des êtres humains. Dans ce rapport, le Burundi est passé de la liste de surveillance du niveau 2 au niveau 2. Selon le communiqué de presse de l’ambassade des USA au Burundi, que Le Journal.Africa s’est procuré d’une copie, l’État burundais a fait preuve d’efforts importants en comparaison avec les rapports des années précédentes sur sa capacité de lutte contre la traite.

A lire : Burundi : Le taux des ménages qui ont des latrines adéquates reste encore faible

«Il y a encore du chemin à faire pour être en catégorie une, mais je reste convaincu que nous sommes sur le bon chemin. Le Système des Nations Unies que je représente, et ses partenaires restent disponibles pour vous soutenir », a promis Damien Mama, qui a salué le travail du gouvernement du Burundi et de la commission nationale de concertation et de suivi sur la prévention et la répression de la traite des personnes, et la franche collaboration l’UNICEF et l’OIM.

Depuis janvier 2022, le Burundi a mis en place une commission de concertation et de suivi sur la prévention  et la répression de la traite des personnes. « Cette commission…fera sans doute des efforts considérables dans la coordination des activités de lutte contre cet acte ignoble; et sa coopération avec les partenaires et toutes les parties prenantes en matière de lutte contre la traite des personnes permettre au Burundi facilement de mettre en œuvre les recommandations reformulées par les département d’Etat américain », a indiqué le DG Isaïe  Kubwayo.

Les accords bilatéraux pour faciliter les travailleurs migrants Burundais

Une série des recommandations de la part des Etats Unis d’Amérique ont été adressées au gouvernement du Burundi qui seront mis en œuvre pour la période allant de 2022 à 2023. Une fois ces recommandations répondues, le Burundi pourrait quitter le niveau 2 pour le niveau 1. Parmi ces recommandations, il y a notamment celui « de finaliser et mettre en œuvre les procédures opérationnelles standards (SOPs) sur l’identification et orientation des victimes vers les soins et former les responsables sur les nouvelles procédures. Et l’autre est de développer le système de collecte des données au niveau national sur l’identification, la protection et l’orientation des victimes. Ainsi que celui d’élaborer et mettre en œuvre un plan national contre la traite des personnes.

Le 3 octobre 2021, le gouvernement du Burundi a signé deux accords avec le royaume d’Arabie Saoudite pour faciliter la migration de Burundais vers ce pays aux fins du travail. Les procédures pour leur mise en application sont en cours, car une ordonnance ministérielle conjointe qui réglementera les agences d’emploi privés qui vont exécuter le recrutement des travailleurs migrants vient d’être signée, a signalé l’Ambassadeur Kubwayo.

Des négociations continuent, a-t-il ajouté, avec d’autres pays du golfe notamment l’Oman, les Emirats Arabes Unies et le Qatar. Le projet d’accord avec le Qatar est prêt à signer.

A lire aussi : Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains 30 juillet

Prosper Aobe

 

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