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POLITIQUE

Colonisation allemande : ces contacts violents qui précédèrent le traité de Kiganda

On l’a déjà relevé, parmi les difficultés extérieures que rencontrera Mwezi Gisabo, figure l’arrivée des colonisateurs allemands. Cette arrivée ne sera pas sans accrochages violents entre ces nouveaux venus et les forces royalistes. Le point.  

En plein début de la colonisation, contrairement aux souverains de certains royaumes qui ne s’opposeront pas à l’installation des étrangers dans leurs territoires, au Burundi de Mwezi Gisabo, les colonisateurs allemands n’auront pas la tâche facile. Un accueil loin d’être chaleureux leur a été réservé par la royauté et son armée. En dépit de leur infériorité technique, ce sont des Burundais armés de leur unité, de lances et flèches qui donneront du fil à retordre aux « conquistadores ». Pour rappel, les mêmes lances et flèches avaient été mobilisées avec succès lors de l’invasion de l’esclavagiste Mohamed Bin Khalfan dit Rumaliza dans sa recherche forcée d’esclaves. 

Cette résistance, pense le politologue Ambassadeur Denis Banshimiyubusa, sera rendu possible par l’unité des Burundais, animés d’un esprit patriotique et soudés autour de leur souverain Gisabo. 

Il faut le dire tout de même, cette résistance ne fera pas long feu. Après des combats épuisants, mortels (plusieurs morts enregistrés parmi les Badasigana, l’armée de Mwezi Gisabo), la supériorité technique des Allemands finira par avoir raison du camp Mwezi.

Mais comment en est-on arrivé jusque-là ?

Nous sommes en 1896. Les Allemands s’établissent sur la côte du lac Tanganyika précisément à Kajaga. Mais suite à l’insalubrité, l’endroit étant infesté de beaucoup de moustiques, les « envahisseurs » quittent Kajaga pour ériger leur domicile à Uzige, beaucoup plus à l’Est, aux environs de l’actuel site de la RTNB et du Palais de la Justice. C’est de là qu’ils tenteront de pénétrer à l’intérieur du pays. 

Au cours de ces tentatives, leurs caravanes se verront ciblées par des attaques des Badasigana, voulant en découdre avec ces « envahisseurs ». Mais en vain, car en 1898, le capitaine Von Bethe écrasera une insurrection contre l’installation allemande. Et en 1899, à la suite d’une attaque d’une caravane qui se rendait à la mission catholique de Mugera, les Allemands décident d’intensifier la répression en effectuant une expédition punitive contre le Mwami. C’est ainsi que les enclos de Muramvya, Ndago et Bukeye furent ciblées, brûlées. Ces événements conduiront à la soumission de Mwezi avec Von Bering comme véritable artisan de cette mise en déroute des forces royalistes. Un Von Béring surnommé Bwana Digidigi en référence aux bruits des armes mitrailleuses dont disposaient ses hommes. 

On le sait aussi, cette mise en déroute des Burundais au cours de laquelle  le roi n’aura la sauve que grâce au sacrifice d’un certain Bihome, sera possible grâce au soutien des rebelles Maconco et Kilima aux Allemands ou vice-versa. 

La suite, c’est un Mwezi  Gisabo qui sera forcé de jeter l’éponge et de « signer » une sorte d’armistice. Cela se concrétisera à travers ce qui sera appelé le « traité » de Kiganda. Un « traité » (sur lequel on reviendra) qui ne sera pas sans donner des ailes au camp rebelle et fragilisera beaucoup plus le pouvoir royal, en entamant surtout l’intégrité territoriale de la monarchie burundaise. On y reviendra aussi.

 

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