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À Bujumbura, des femmes autrefois confrontées à la prostitution tentent de reconstruire leur vie grâce à l’entrepreneuriat. Accompagnées par la Solidarité des Femmes Burundaises pour le Bien-être Social et le Progrès (SFBSP-Burundi), elles bénéficient de formations et de capitaux de démarrage pour développer de petites activités commerciales et gagner progressivement en autonomie financière.

La nuit, elles arpentaient les rues de Bujumbura à la recherche de clients pour pouvoir nourrir leurs enfants. Aujourd’hui, certaines tiennent de petits commerces grâce à l’accompagnement de la SFBSP-Burundi. Pour ces femmes, le passage de la prostitution à l’entrepreneuriat ne s’est pas fait sans difficultés, mais l’accès à une formation et à un capital de démarrage leur a permis d’amorcer une nouvelle étape de leur vie.
Rose Ntakarutimana, propriétaire d’un restaurant à Kamenge, dans le nord de Bujumbura, et mère de trois enfants, affirme que l’accompagnement de la SFBSP-Burundi a profondément changé sa vie.
« Je faisais partie des femmes qui étaient dans la rue. Ma vie était complètement désordonnée. Pour nourrir mes enfants, je devais sortir la nuit avec plusieurs hommes. Nous étions aussi souvent victimes de violences. Au départ, je ne savais pas vendre, mais j’ai appris grâce à cette organisation. Après avoir bénéficié d’une formation en entrepreneuriat et d’un appui financier, j’ai pu ouvrir mon propre restaurant. Aujourd’hui, je peux subvenir aux besoins de mes enfants, ils vont à l’école et ma vie s’est beaucoup améliorée », témoigne-t-elle.
Pour Mme Nd. G., vendeuse de vêtements de seconde main et mère de quatre enfants, l’accompagnement de la SFBSP-Burundi a marqué un tournant dans sa vie.
« Avant de rejoindre cette association, ma vie n’avait pas de sens. Je dépendais des hommes pour subvenir aux besoins de mes enfants et, lorsque je n’avais rien à manger, je devais accepter de sortir avec un homme. Grâce au capital reçu, j’ai pu commencer à vendre des vêtements de seconde main. Aujourd’hui, je peux nourrir, habiller et soigner mes enfants, assurer leur scolarité et payer mes propres soins sans demander l’aide de qui que ce soit. Je suis désormais capable de subvenir seule à mes besoins et à ceux de mes enfants », explique-t-elle.
Selon Diane Nshimirimana, assistante psychologue à la SFBSP-Burundi, l’organisation accompagne depuis 2022 des femmes exerçant la prostitution en leur proposant des formations et des capitaux pour lancer des activités génératrices de revenus. Sur les 40 femmes sélectionnées, 30 ont déjà bénéficié d’un appui financier, tandis que les dix autres ont récemment suivi une formation en entrepreneuriat et attendent leur capital de démarrage.
« L’aide que nous leur accordons n’est pas remboursable. Notre objectif est de leur permettre de devenir autonomes, de payer leur loyer, de scolariser leurs enfants et d’accéder aux soins sans dépendre financièrement d’un homme », souligne-t-elle. Pour la SFBSP-Burundi, cet accompagnement vise ainsi à favoriser l’autonomie économique et la réinsertion sociale des bénéficiaires.
Selon les données de l’ISTEEBU pour 2016-2017, 8 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans avaient déjà commencé leur parcours de maternité, dont 6 % étaient déjà mères et 2 % enceintes.
Freddy Bin Sengi
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