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DEVELOPPEMENT

CERDES-Burundi : quand l’écoute devient une clé du développement socioéconomique

CERDES est au développement socioéconomique au Burundi
Depuis son accession à la souveraineté nationale, le Burundi comme tant d’autres pays en développement, a entrepris de nombreuses opérations de développement et de modernisation. Ces dernières par des initiatives propres ou avec l’appui des donateurs  extérieurs, avec comme finalité, l’amélioration de la qualité de vie des populations. Le CERDES est l’une des organisations locales qui se sont érigés comme des structures venant en aide à cette population en mettant en place  un cadre  d’écoute et de suivi en matière de développement.

Dans beaucoup de cas, les résultats furent mitigés ou même en deçà des  espérances comme en témoigne le niveau des principaux indicateurs de développement de ces pays, le niveau et la qualité de vie de la population. De nombreux rapports (Banque Mondiale, PNUD, FNUAP, etc.) en témoignent. Parmi les nombreuses raisons avancées pour expliquer  cette situation, on peut citer l’existence d’un déficit de communication entre les décideurs ou acteurs du développement et les populations bénéficiaires.  

Monsieur Fyiroko Damien, Ingénieur Agronome avec une spécialisation en communication pour développement s’en est rendu compte dès son plus jeune âge mais aussi au cours de l’exercice de sa longue expérience de plus de 30 ans de terrain.

Selon lui, la population rurale a toujours été  peu ou presque pas écoutée jusque vers les années 2000. Les projets de développement  étaient élaborés par des experts sans réelle  consultation avec les bénéficiaires. «Ce que vous faites pour moi mais sans moi, vous le faites contre moi », cite-t-il, la citation de Mohandas Karamchand Gandhi.

Voilà ce qui l’a poussé à initier un cadre d’écoute et d’orientation, le Cercle d’écoute pour la réhabilitation et le développement économique et social. « CERDES Mwumvirize Umujabutse » qui littéralement signifie : « écoute-le et aide-le à atteindre l’autre bord ».

Création de CERDES avec comme vision l’amélioration des conditions de vie des personnes démunies

Créée en 2002 et agrée sous l’ordonnance ministérielle n° 530/520 du 28  mai 2007, la vision du CERDES est d’être une organisation capable de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables particulièrement ceux sous la menace de la pauvreté en vue d’aboutir à une intégration et un développement socio-économique durable.

« L’écoute » c’est le mot-clé de Damien Fyiroko, Fondateur de l’ASBL CERDES Mwumvirize Umujabutse, agissant dans le cadre de la cohésion sociale et du développement intégral. Des actions qui portent de bons fruits à la communauté rurale. Sa mission est donc d’écouter, organiser, orienter et assister les groupes vulnérables en traduisant leurs préoccupations en forme de projets d’intérêt communautaire et de promotion de la santé.

A lire : Burundi: les investisseurs crient le développement d’infrastructures publiques

Projet Appui à la Cohésion Sociale et à la Gouvernance Locale

Réalisé pendant 2 ans grâce à l’appui financier du PNUD, le projet « Appui à la Cohésion Sociale et à la Gouvernance Locale » a très bien réussi et a enregistré beaucoup de témoignages des bénéficiaires manifestant leur satisfaction à l’issue de l’opération. A travers ce projet, les couples ont régularisé leurs mariages à l’état civil, les familles ont fait enregistrer les enfants au registre des naissances, etc.

« Nous sommes  émus  des actions de CERDES au niveau de la communauté », s’est exprimé la directrice du Département de Rapatriement du Ministère en charge de la Solidarité, la prénommée Chantal, qui recommande l’extension des activités du projet dans d’autres provinces.

Exécuté dans les provinces du sud dont Bururi, Makamba, Rumonge et Rutana, le projet Appui à la Cohésion Sociale et à la Gouvernance Locale avait comme objectif principal : « Soutenir le rapatriement et la réinsertion durable des populations affectées  par les crises au Burundi par l’appui à la viabilisation socioéconomique des VRI (villages ruraux intégrés) dans le cadre de la politique de villagisation préconisée par le gouvernement et ses partenaires».

Ses objectifs étaient en premier lieu de contribuer au renforcement des mécanismes de planification locale et améliorer la gouvernance et l’administration locales. Deuxièmement de renforcer la cohésion sociale intra et intercommunautaire à travers la promotion du développement local et la prévention des conflits notamment dans le domaine foncier.

L’École aux champs

Dans le  secteur agricole, le fondateur de CERDES Mwumvirize Umujabutse a initié le projet « école aux champs », un modèle d’agriculture. Il met à la disposition des agriculteurs locaux des semences de haricots, de pomme de terre, de manioc, etc. Ces agriculteurs sont assemblés dans des groupements communautaires pour la paix et le développement (GCPD). Ces derniers sont en même temps des employés du promoteur dans ses propriétés mais ce dernier met à leur disposition un terrain qu’ils exploitent pour leurs comptes.  

Avec les mêmes semences mais des méthodes culturales différentes, les quantités des récoltes sont comparées pour inciter les agriculteurs à adopter la même méthodologie aussi bien dans les champs pilotes que dans leurs propres champs.

Dans un monde où  les personnes sont tournées de plus en plus vers elles-mêmes et leurs ambitions égoïstes, Damien Fyiroko est par ses actions une lumière qui flambe dans la pénombre.

A lire aussi : Le gouvernement Burundais engagé à accroître les recettes pour promouvoir le développement socio-économique du pays

Ludovic Nkongoro

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