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POLITIQUE

Burundi : une nouvelle cartographie pour le pays approuvée par le législatif

Le Burundi enregistre actuellement cinq provinces dont Bujumbura, Buhumuza, Burunga, Butanyerera et Gitega. Avant l’approbation de cette nouvelle carte, le pays comptait dix-huit provinces. Le projet loi organique portant la délimitation des provinces, des communes, des zones, des collines du pays a été adopté à l’unanimité au parlement.

Ce vendredi 16 décembre 2022, l’Assemblée Nationale du Burundi a adopté une loi organique portant la délimitation des provinces, des communes, des collines ou quartiers du Burundi.  Au total, 109 députés étaient présents et 8 ont mandaté. La loi est adoptée à l’unanimité.

Les provinces sont passées de dix-huit à cinq provinces. La province de Bujumbura compte 11 communes, 92 zones et 536 collines. La  province  de Buhumuza comporte 7 communes, 64 zones et 509 collines. La province de Gitega compte 9 communes, 101 collines  et  664 collines. La province de Burunga compte 7 communes, 89 zones  et 540 collines. La province de Butanyerera compte 8 communes, 102 zones et 790 collines.

Martin Niteretse, ministre de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique, a indiqué que le présent redécoupage se fonde sur les orientations politiques du gouvernement.

Dans ces orientations, on trouve une stratégie de mise en œuvre de la politique nationale de décentralisation et de l’harmonisation avec les organisations administratives des pays de la sous-région. Aussi, il va y avoir la création des entités territoriales financièrement viables et une administration de proximité au service du citoyen, ainsi que le modèle d’intégration politique et de cohésion sociale.

Une bonne manière de délimiter le pays

Une stratégie efficace de lutte contre la pauvreté, la diminution des charges de l’État envers les communes, la diminution des charges des communes et l’augmentation de l’assiette fiscale et cadre d’éclosion du partenaire public privé.

Le gouvernement issu des élections de 2020 a placé la consolidation du processus de la politique nationale de décentralisation au centre de ses préoccupations. L’État responsable et laborieux veut faire du citoyen l’alpha et l’oméga de son propre développement : citoyen acteur, citoyen bénéficiaire, a dit Niteretse. Il a ajouté que “la  volonté politique  de procéder à un nouveau redécoupage – regroupement administratif est guidée par la nouvelle vision du développement”.

Des critères ont été mis en avant pour la délimitation

La proximité géographique et les réalités sociologiques. La délimitation en tenant compte des spécificités et des potentialités des structures déconcentrées et décentralisées. La détermination du nombre des communes en tenant compte de la viabilité économique et financière  des communes regroupées, des zones et collines en fonction de la taille de ces structures.

D’autres critères pris en compte sont à savoir l’accessibilité des services de proximité, la dimension démographique et la disponibilité des infrastructures socio-économiques de la commune. Ainsi que la complémentarité et le développement équilibré des entités administratives décentralisées.

A lire : Burundi : l’entrave de l’exécution des projets financés par les partenaires au développement

Des inquiétudes se montrent aux yeux des députés

Pascal Bizumuremyi, député, se demande si le gouvernement  va mettre à la disposition dans le budget programme les fonds destinés à la construction des locaux abritant les communes nouvellement créés. Le ministre  ayant l’intérieur dans ses attributions a répondu que les efforts de la population dans ces provinces vont contribuer à construire tous les bâtiments.

Jean Pierre Sinzinkayo, député, indique que la nouvelle délimitation a des illégalités. Il donne l’exemple de la nouvelle commune nommée Rwibaga comme siège à Jenda. Il demande au ministre de transférer le siège de la commune à Rutambiro, à l’ancienne commune de Mugongo-manga en train d’ériger un bureau communal en étage.

La députée Pétronie a martelé avec un exemple de la zone Rutovu transférée à Bururi, en disant que pour arriver à Bururi  à la recherche de l’administrateur, les habitants prendront un trajet de 60 km selon la nouvelle délimitation. Elle demande de transférer la zone Rutovu à la commune de  Matana, où il n’y a que 40 km de distance.

Pour répondre à cette question, le  ministre a répondu que  la question de distance n’a pas été prise en compte pour la nouvelle délimitation. Mais que tous les services effectués au niveau de la commune seront transférés jusqu’ au bureau de la zone.

En marge de l’analyse de cette loi, le ministre a indiqué que les administratifs issus des élections 2020 vont continuer à exercer leurs fonctions jusqu’à la fin du mandat. La nouvelle loi entrera en vigueur après.

A lire aussi : Nouveau découpage territorial : Quelle est la plus-value ?

Pacifique Gahama

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