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Analyse SÉCURITÉ

Insécurité à l’est de la RDC : À qui peut-on attribuer l’attaque de Rutshuru ?

La carte de Rutshuru en Insécurité à l'Est de la RDC
La nuit du 7 novembre 2021, un groupe armé a attaqué deux collines de la ville de Rutshuru. Les FARDC ont attribué cette attaque au Mouvement du 23 mars. Cependant,  le M23 a nié son implication. Si Kigali a nié être derrière cette attaque, il pointe du doigt l’Ouganda comme provenance et point de repli de ces rebelles.

Les FARDC ont attribué ce lundi, l’attaque de Tshanzu et Runyoni à Rutshuru, au  Mouvement du 23 mars. Dans un point de presse, le porte-parole adjoint de l’armée congolaise, a confirmé la responsabilité  du M23. La nuit du 7 novembre 2021, un groupe d’hommes armés a pris d’assaut les positions des FARDC à Tshanzu et Runyoni.  

Bertrand Bisimwa, président du M23 nie toute accusation à l’ égard de son mouvement.  Selon lui, cela n’a pas de sens de mener une attaque alors que son Mouvement attend la mise en œuvre des conclusions des pourparlers entre lui et le gouvernement de la RD Congo.

« Ces pourparlers ont déjà abouti à des conclusions dont notre Mouvement attend impatiemment la mise en œuvre… ; Il est donc mal indiqué de croire que notre Mouvement peut s’engager dans des hostilités avec les FARDC en ce moment où le partenariat avec le Gouvernement de la République se porte mieux et que tous les espoirs sont encore permis. En clair, le M23 n’est pas engagé dans quelques confrontations armées dans le territoire de Rutshuru », explique Bertrand Bisimwa, dans un communiqué rendu public la soirée du mardi 09 novembre.

Kigali craint la rupture diplomatique avec Kinshasa

Le Rwanda a montré sa préoccupation de la persistance de l’insécurité à l’Est de la RD Congo au lendemain de l’attaque. Via un communiqué de presse du ministère rwandais de la défense, dont la rédaction du Le Journal.Africa s’est procuré la copie, Kigali craint la rupture des relations diplomatiques avec Kinshasa.

« Toute information, dans les médias ou par des responsables de la région, selon laquelle l’ex-groupe armé M23 est originaire ou s’est retiré au Rwanda, est une propagande visant à saper les bonnes relations entre le Rwanda et la RDC », dit le communiqué des forces de défense rwandaise.

Le ministère de la défense rwandaise signale dans ce même communiqué, que les rebelles du M23 ne se sont jamais réfugiés au Rwanda, plutôt en Ouganda. « L’ex-groupe M23 en question n’a pas cherché refuge au Rwanda lors de son retrait de RD Congo en 2013, mais était basé en Ouganda, d’où est partie cette attaque et où le groupe armé s’est replié », dit le MOD. Kampala n’a jamais réagi.

Ce mercredi 10 novembre, le chef d’état-major des FARDC, le Gén. Célestin Mbala Munsense  et sa délégation ont atterri au Rwanda où ils se sont entretenus avec le chef d’Etat-Major des RDF, Gén. JB Kazura sur la situation sécuritaire dans la sous-région.

Concernant les allégations selon lesquelles le M23 a mené une attaque à Rutshuru depuis le Rwanda ou l’Ouganda, Gén. Mbala a déclaré: « Nous avons choisi de laisser le temps au mécanisme de vérification conjoint élargi (EJVM) de faire son travail et de nous donner des précisions sur la situation».

A lire : Saïdou Abatcha prêche un monde sans favoritisme ni discrimination

Un rapport de 2012 de l’ONU accusait le Rwanda et l’Ouganda

En 2012, un groupe d’experts des Nations unies a publié un document de 207 pages sur la situation sécuritaire à l’Est de la RDC.  Ce rapport  évoquait le soutien  du Rwanda aux rebelles du M23  et  parle d’aide au recrutement, de fourniture d’armes. L’Ouganda a été également pointé du doigt. Les experts l’accusent d’avoir laissé circuler librement sur son territoire des leaders recherchés du M23.

Le Mouvement du 23 mars est un groupe créé à la suite de la guerre du Kivu. Il est composé d’ex-rebelles du CNDP intégrés dans l’armée à la suite d’un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa. Le Mouvement qui a fait trembler les pays de la sous-région, a été violemment anéanti la nuit du 4 au 5 novembre 2013 par les FARDC appuyées par une brigade d’intervention de l’ONU.

Rappelons que cette attaque, que les FARDC ont déjouée, est la troisième depuis janvier 2017 à Rutshuru. L’armée congolaise se dit avoir la ferme détermination d’en finir avec tous les groupes armés opérant à l’Est de la République démocratique du Congo.

A lire aussi :  Exclusif – RDC : alerte rouge sur la diplomatie congolaise

 Prosper Aobe

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