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Togo: l’Assemblée lève l’immunité d’Agbéyomé Kodjo

Le procureur de la République peut désormais poursuivre Gabriel Agbéyomé Kodjo. Arrivé deuxième de l’élection présidentielle, l’opposant qui s’était proclamé vainqueur du scrutin a vu son immunité parlementaire levée hier par l’Assemblée nationale. L’ancien Premier ministre est notamment accusé de troubles aggravés à l’ordre public, dénonciations calomnieuses et atteinte à la sécurité intérieure de l’État.

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Comme attendu, la levée de son immunité parlementaire n’a été qu’une simple formalité. Et pour cause, Agbéyomé Kodjo est l’un des rares opposants à ne pas avoir boycotté les législatives de décembre 2018.

Ils sont ainsi 80 députés membres ou proches de la majorité à s’être prononcés en faveur de sa levée d’immunité. Seuls deux députés ont voté contre alors que huit se sont abstenus. Des parlementaires qui à près de 87 % ont également autorisé le procureur général à engager des poursuites contre lui l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Depuis le 24 février, le candidat du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) conteste les résultats de l’élection présidentielle, scrutin qu’il assure avoir remporté alors que la Commission électorale indépendante a proclamé Faure Gnassingbé vainqueur.

La colère de Monseigneur Kpodzro

C’est notamment le fait de s’être autoproclamé président élu qui lui vaut d’être aujourd’hui poursuivi, notamment pour troubles aggravés à l’ordre public, dénonciations calomnieuses et atteintes à la sûreté intérieure du pays. Des poursuites qui vont désormais être rapidement engagées par le procureur. Ce dernier va convoquer Agbéyomé Kodjo pour l’entendre.

Aussitôt la levée de l'immunité de Gabriel Agbéyomé Kodjo annoncée, Mgr Philippe Kpodzro, archevêque émérite de Lomé, a tenu une conférence de presse dans la maison de son filleul où il a élu domicile depuis quelques jours.

L'ancien archevêque a lancé cet ultime appel aux Togolais :

Peuple togolais! Dans quel pays sommes-nous? La population est usurpée! Le pouvoir veut mettre derrière les barreaux le vrai vainqueur du scrutin présidentiel [...] Je demande à la population d'entrer dans une résistance légale pour empêcher l'arrestation programmée de notre président démocratiquement élu.

Mise à jour :

Mardi matin 17 mars, Christian Trimua, le ministre togolais des Droits de l’homme répond à l'archevêque au micro de RFI. Si Mr Kodjo collabore avec la justice, il n’y a pas de raison de le placer en détention, explique-t-il.

Il n'y a aucune machination. Il s'agit simplement d'engager des poursuites judiciaires contre M. Agbéyomé Kodjo qui a enfreint les lois togolaises depuis la dernière présidentielle. L'objectif ne vise pas à arrêter M. Kodjo, mais bien évidemment l'arrestation et le placement en détention sont des éléments de la procédure. Si M. Agbéyomé Kodjo collabore avec la justice et défère aux convocations du procureur, pose les actes de procédures nécessaires et met fin à l'infraction qu'il commet depuis la dernière élection, il me semble qu'il n'y a pas de raison de le placer en détention. En revanche, s'il résiste à la procédure judiciaire en cours, naturellement, la justice utilisera toutes les voies du droit pour le faire participer à la procédure de gré ou de force.

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