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SOCIETE

Les jeunes burundais, tiraillés entre passion et réalité

« Je serai médecin », « Moi non, je serai un militaire », « Non non, moi je serai pilote ». Voilà ce que nous aimions répondre à nos tantes  et oncles à la question de savoir ce que nous aimerions devenir dans le futur. Mais qu’est qui nous est tombé sur la tête depuis ?

Bien entendu ces réponses étaient influencées par nos modèles de l’époque qui étaient souvent nos parents et nos idoles de la télé. Mais plus on grandit, plus cette vision des choses change et on découvre des passions en nous qui jadis n’existaient pas ou étaient inhibées par notre jeunesse. On a envie d’explorer, d’essayer, de changer les choses, on se documente, on crée des liens avec les gens dans le ou les domaines qui nous intéressent, car une force étrange nous pousse dans ce sens.

Pour les uns cette force est appelée passion. C’est une flamme dans le cœur, un rêve dans l’âme et un déclic dans le corps. Sa passion est presque de l’ordre du réel pour la personne éprise de quelque chose.

Les défis ne manquent pas

Pour certains, cette flamme ne survit pas à l’épreuve du temps. Pour d’autres, le chemin qui mène à l’accomplissement de leur passion est sinueux. Le marché du travail sera hostile à des profils non conformes à l’habituel. On nous dit en dernier lieu que la réalité de la vie nous fera changer d’avis, que nous le voulions ou pas. Ont-ils raison? Je dirais oui et non. 

D’un côté, certains ont mis de côté ce qui jadis les passionnait, d’autres ont choisi de jeter l’éponge avec un marché du travail qui n’était pas en leur faveur, couplé à la dureté et la cherté de la vie. Mais d’un autre côté, nous voyons des gens qui choisissent de ne pas renoncer à leur rêves, et qui au lieu de voir en ces obstacles une raison d’arrêter, trouvent au contraire une opportunité à saisir.

Ces personnes sont aujourd’hui parmi les piliers de la création de l’emploi dans le secteur privé dans notre pays et permettent à pas mal de gens de gagner leur vie. Mais par-dessus tout, ils prouvent que c’est possible de percer là où il semble ne pas y avoir de chemin.

Etroit est le chemin de la liberté

C’est le cas d’un ami, Delphin (pseudo) qui dès son jeune âge rêvait de porter cette blouse blanche qu’il voyait chez les médecins. Mais en grandissant, il comprend vite que cela ne reflète pas vraiment qui il est.

Bien qu’ayant suivi la section scientifique, il se passionnait pour la littérature. Pour lui, les vacances étaient le moment idéal pour s’enfermer à la maison et lire comme un fou. Ses amis ne le comprenaient pas, vu qu’il était censé être l’homme des sciences comme la croyance de l’époque le voulait.

A l’université, il va choisir de suivre les sciences vu la pression tant familiale que sociétale mais sa passion pour les lettres ne va pas faiblir pour autant. Au moment de commencer sa carrière, une question se pose pour lui : Quel chemin prendre? Il chérit tant la lecture et rêve d’influencer sa société au travers des écrits.

Cependant, il réalise tôt que vivre de cela serait un défi pour lui. « Pourquoi pas combiner les deux à la fois? », se demande-t-il alors. Les sciences n’ont jamais été une source de joie et de passion malgré qu’il soit dans le domaine. 

Aujourd’hui, il cherche chaque jour à influencer sa société, encouragé à continuer à se battre pour ce en quoi il croit. Et l’avenir est prometteur vu sa détermination.

Tenez bons !

Condamnerais-je ceux qui ont choisi le chemin du renoncement? Pas du tout. Car le choix d’une personne est quelque chose qu’il faut respecter même si on n’est pas d’accord avec lui dans le fond. Seulement, avant de renoncer, il faut y penser deux fois pour discerner les vraies motivations de ce choix. S’il s’agit des difficultés rencontrées, mieux vaut se dire qu’aucun de nos choix est sans entrave et qu’il faut être prêt à retrousser les manches pour affronter les défis. 

Pour ce faire, je ne ferais qu’encourager les jeunes qui se retrouvent piégés entre leur passion et la réalité, à continuer d’y croire et d’aller de l’avant. Cependant, la passion seule ne suffit pas mais une force de caractère est nécessaire pour pouvoir surmonter les réalités qui existent et qui peuvent être des obstacles tout au long du parcours. Garder au fond du cœur, qu’il est toujours possible d’amener l’innovation et la créativité là où ne règne que la loi du conformisme.

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