Iriko ihindurwa…
Niba ihinduka rikenewe, bishobora gufata amasegonda makeyi.
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En RDC, l’intensification des combats dans l’Est provoque de nouveaux déplacements massifs et aggrave une crise humanitaire déjà profonde. À Goma et dans les zones affectées, les besoins augmentent alors que les financements internationaux et les capacités de réponse diminuent. Le rapport 2026 d’ALNAP met en lumière les limites d’un système en pleine contraction et l’urgence de renforcer le rôle des acteurs locaux.

En République démocratique du Congo, l’aggravation des conflits dans l’est du pays fait exploser les besoins humanitaires au moment où les financements internationaux diminuent. L’offensive du M23, la chute de Goma en janvier 2025 et les déplacements massifs de population ont placé les organisations humanitaires face à une équation de plus en plus difficile.
Le rapport 2026 d’ALNAP sur l’état du système humanitaire mondial met en évidence cette contradiction. La RDC illustre à la fois les conséquences d’une crise prolongée devenue plus aiguë sous l’effet des combats et les limites d’un modèle humanitaire qui peine encore à transférer suffisamment de ressources et de pouvoir aux acteurs présents au plus près des populations.
En 2024, plus de six millions de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays, dont près de 600 000 dans et autour de Goma. Les conflits étaient désormais devenus la principale cause des déplacements internes, devant les catastrophes naturelles, confirmant une tendance également observée à l’échelle mondiale par le State of the Humanitarian System (SOHS).
Fin janvier 2025, la prise de Goma par le M23 a provoqué un nouvel exode massif. Plus de 700 000 personnes ont été déplacées ou contraintes de fuir à nouveau. Des dizaines de sites d’accueil ont été démantelés ou vidés. Des familles se sont retrouvées dans des écoles, des églises ou chez des proches, dans des logements déjà saturés.
À Goma, Karisimbi et Nyiragongo, les conditions de vie sont restées pendant des mois très en dessous des standards humanitaires minimaux. Le rapport SOHS relève notamment qu’aucun standard minimum n’a été respecté pendant huit mois pour quelque 600 000 déplacés internes à Goma.
La pression sur les infrastructures s’est également accentuée. Les structures de santé ont été fortement sollicitées, tandis que les services d’eau, d’hygiène et d’assainissement ont été perturbés. Dans certains quartiers, des habitants ont dû se tourner vers le lac Kivu pour leur approvisionnement en eau.
Entre 2022 et 2025, le financement humanitaire international a diminué d’environ 30 %, passant de 47,5 milliards à 33,3 milliards de dollars. Sur la même période, les contributions américaines ont chuté de 55 %.
En RDC, cette contraction signifie moins de capacités pour anticiper les déplacements, prépositionner des stocks, maintenir les services essentiels dans les zones affectées par les combats ou intervenir rapidement lorsqu’une nouvelle offensive provoque un afflux de population. Le nombre de personnes ciblées par l’aide a diminué, tout comme le montant disponible par personne.
Cette réduction des moyens intervient alors même que la géographie de la crise évolue rapidement. Dans les zones où les affrontements rendent l’accès difficile ou dangereux, les organisations doivent régulièrement revoir leurs priorités et déplacer leurs ressources vers les secteurs où les besoins sont les plus urgents.
Prosper Aobe
Amakuru ahambaye yatoranijwe n'abanditsi bacu. Kuva ku wa mbere gushika ku wa gatanu.
Mu kwiyandikisha, wemera politike yacu y'ibanga.