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Un rapport de l'OMS révèle que, malgré une hausse du nombre de personnels de santé, le continent fait face à des pénuries croissantes, à un chômage élevé et à une migration des soignants.
Une pénurie alarmante malgré l'augmentation des effectifs
Accra — L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment publié un rapport inquiétant qui révèle que, malgré une hausse significative du nombre de professionnels de santé formés en Afrique, le continent est confronté à une crise persistante de pénurie de soignants. Selon ce document, environ 943 000 personnels qualifiés restent sans emploi, tandis que beaucoup d'autres quittent leurs pays d'origine à la recherche de meilleures opportunités à l'étranger.
La situation est d'autant plus préoccupante que l'OMS estime qu'il manque près d'un million de médecins, infirmiers et autres personnels de santé dans les pays africains. Cette carence se traduit par un accès limité aux soins pour des millions d'Africains, aggravée par une forte demande croissante en matière de services médicaux.
L'effet pervers de la formation et la fuite des cerveaux
Bien que l'Afrique forme plus de professionnels de la santé que jamais auparavant, ces efforts restent insuffisants pour répondre aux besoins croissants. Par exemple, l'Éthiopie a réussi à tripler son nombre annuel d'infirmiers diplômés au cours des cinq dernières années. Cependant, ces avancées ne suffisent pas à compenser les pertes dues aux migrations et au chômage endémique dans le secteur.
Le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique, souligne que « chaque année, les États-Unis accueillent autant d’infirmières formées dans des pays comme les Philippines ou le Nigéria que ce qui est produit par les écoles américaines ». Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontés les systèmes de santé africains qui peinent à retenir leur personnel qualifié.
L'attrait des salaires plus élevés et des meilleures conditions de travail à l'étranger pousse ainsi un grand nombre de professionnels africains à émigrer. Ce phénomène exacerbe encore davantage les difficultés locales pour fournir une couverture sanitaire adéquate.
Investir dans la rétention pour éviter une catastrophe sanitaire
Le rapport appelle également les gouvernements africains à investir davantage dans la formation et surtout dans la rétention des personnels de santé. Sans une stratégie claire pour contrer ce phénomène, la continuité des soins pourrait être compromise, entraînant des conséquences graves pour la santé publique sur le continent.
Dans nos colonnes précédentes, nous avions déjà souligné que chaque année, les maladies et épidémies coûtent à l'Afrique environ 2 400 milliards de dollars. Ce nouveau rapport renforce l'urgence d'une couverture santé adéquate et accessible pour tous les Africains.
Avec la pandémie de Covid-19 qui a exacerbé ces problèmes déjà existants, il est crucial que les États africains prennent des mesures proactives pour renforcer leurs systèmes de santé. La situation actuelle pourrait avoir des répercussions durables sur la santé publique si aucune action n'est entreprise rapidement.
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