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L’Association burundaise pour le développement, la démocratie et les droits humains (AB3D) plaide pour le respect de la présomption d’innocence de Lee Man-hee, dirigeant religieux sud-coréen de 95 ans, maintenu en détention provisoire. Dans une déclaration, l’organisation appelle à une procédure judiciaire équitable et indépendante. Elle demande également un réexamen régulier de sa détention, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains.

L’AB3D a exprimé sa préoccupation face au maintien en détention provisoire de Lee Man-hee dans une déclaration publique lue par Sylvère Nibaruta, représentant légal de l’association, ce samedi 17 octobre 2026 à Bujumbura. À cette occasion, l’organisation a rappelé que toute personne poursuivie pénalement doit être considérée comme innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par une décision judiciaire définitive.
Âgé de 95 ans, Lee Man-hee a été placé en détention le 24 juin 2026 pour des violations présumées de la loi sud-coréenne sur les partis politiques. Les accusations portent notamment sur le recrutement présumé d’un grand nombre de membres de son Église au sein du Parti du pouvoir au peuple, dans le but d’influencer les processus politiques.
L’AB3D précise toutefois qu’elle ne se prononce ni sur la culpabilité ni sur l’innocence du dirigeant religieux. Elle reconnaît aux autorités sud-coréennes le droit d’enquêter sur les violations présumées de la loi et d’engager des poursuites, tout en soulignant que ces démarches doivent respecter les garanties d’une procédure régulière.
« Notre démarche est motivée par la nécessité de rappeler l’importance du respect des droits humains et des garanties judiciaires. Nous ne cherchons pas à établir la culpabilité ou l’innocence de Lee Man-hee, mais à appeler les autorités compétentes à garantir une procédure équitable et respectueuse de la dignité humaine », explique Sylvère Nibaruta, représentant légal de l’AB3D.
Concernant la présomption d’innocence, le représentant légal rappelle qu’il s’agit d’un principe fondamental de la justice.
« La présomption d’innocence est un principe fondamental de la justice. Toute personne poursuivie pénalement doit être considérée comme innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par une décision judiciaire définitive. Les accusations ne doivent donc pas être assimilées à une preuve de culpabilité », souligne-t-il.
Pour cette organisation de défense des droits humains, le respect de ce principe implique également de veiller à ce que la détention provisoire ne soit pas considérée comme une conséquence automatique des accusations pénales.
Lire aussi: https://lejournal.africa/en/article/affaire-lee-man-hee-un-plaidoyer-burundais-pour-une-justice-impartiale
S’appuyant sur l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que sur l’Observation générale n° 35 du Comité des droits de l’homme des Nations unies, l’AB3D rappelle que la détention avant jugement doit reposer sur une évaluation individualisée de sa nécessité et de son caractère raisonnable.
L’association précise qu’elle ne remet pas en cause le droit des autorités judiciaires de poursuivre les personnes soupçonnées d’avoir enfreint la loi.
« Nous reconnaissons aux autorités judiciaires le droit d’enquêter sur les violations présumées de la loi et d’engager des poursuites lorsque les éléments le justifient. Notre préoccupation concerne le respect des garanties judiciaires, notamment la nécessité et la proportionnalité du maintien en détention provisoire », souligne Sylvère Nibaruta.
L’AB3D appelle ainsi les juridictions compétentes à examiner régulièrement les motifs justifiant le maintien en détention de Lee Man-hee, notamment les risques éventuels de fuite, d’altération des preuves ou de récidive. Elle recommande également d’envisager des mesures moins restrictives lorsque celles-ci permettent de répondre aux exigences légitimes de la justice.
Parmi les mesures alternatives évoquées figurent la libération sous caution assortie de conditions, les restrictions de déplacement ou encore l’obligation de se présenter régulièrement aux autorités.
Prosper Aobe
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