« Libérez Lee Man-hee » : des universitaires européens lancent un appel au gouvernement sud-coréen
À Séoul, des universitaires européens montent au créneau pour Lee Man-hee, président de l’Église Shincheonji. Dans une déclaration adressée au gouvernement sud-coréen ce vendredi, ils demandent la fin de sa détention, invoquant son âge avancé et les standards internationaux en matière de droits humains.

Des universitaires et des défenseurs des droits de l’homme originaires de plusieurs pays européens ont appelé le gouvernement sud-coréen à mettre fin à la détention de Lee Man-hee, président de l’Église Shincheonji. Dans une déclaration présentée ce vendredi 7 août à la presse locale et internationale à Séoul, ils invoquent des considérations humanitaires liées à son âge ainsi qu’aux normes internationales de protection des droits fondamentaux.
« Pour des raisons humanitaires, et conformément aux principes internationaux protégeant les prévenus âgés, nous demandons respectueusement la libération immédiate du président Lee de sa détention, afin qu’il puisse comparaître en justice sans être maintenu en détention », a déclaré Hans Noot, directeur associé de HRWF et l’un des signataires de cette déclaration, lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale sud-coréenne.
Les signataires indiquent étudier Shincheonji depuis plusieurs années et affirment agir dans un cadre strictement académique. Ils rappellent que certains d’entre eux ont publié des travaux sur ce mouvement religieux et son développement à l’international. « Notre démarche ne vise pas à interférer dans la justice sud-coréenne, mais à rappeler l’importance des normes internationales relatives aux droits humains, notamment lorsqu’il s’agit d’une personne âgée de 95 ans », peut-on lire dans cette déclaration.
Cette initiative fait suite à une rencontre, le 6 août, entre la délégation européenne et Lee Man-hee, au cours de laquelle trois de ses membres ont pu s’entretenir avec lui sur son lieu de détention. À l’issue de cette activité, qui a réuni des professionnels des médias venus du monde entier, la délégation a déposé cette déclaration auprès de la Commission nationale des droits de l’homme de Corée.
Des ONG internationales alertent sur la liberté religieuse en Corée du Sud
Plusieurs organisations internationales de défense des droits humains ont appelé les autorités sud-coréennes à garantir le respect de la liberté de religion et de l’État de droit lors d’une conférence de presse au Seoul Foreign Correspondents’ Club organisée par HRWF, en partenariat avec CAP Liberté de Conscience, FOREF Allemagne, CESNUR et Bitter Winter.
Hans Noot, directeur associé de HRWF, a affirmé : « Nous ne sommes pas ici pour défendre une théologie, mais un principe : les droits fondamentaux doivent s’appliquer à tous. » Il a jugé préoccupante la stigmatisation des communautés religieuses et les restrictions aux rassemblements pacifiques.
Thierry Valle, président de CAP Liberté de Conscience, a rappelé les engagements de la Corée du Sud au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et s’est interrogé sur la conformité de la détention d’une personne de 95 ans, estimant que des mesures alternatives plus humaines existent.
Michael Langhans, Directeur exécutif de FOREF Allemagne, a plaidé pour une justice fondée strictement sur les faits, sans préjugés envers les minorités religieuses. Márk Nemes, Directeur adjoint de CESNUR, a souligné que l’affaire alimente l’hostilité envers les fidèles de Shincheonji au-delà des frontières sud-coréennes.
Massimo Introvigne, Directeur général de CESNUR et rédacteur en chef de Bitter Winter, a estimé que les standards internationaux plaideraient davantage pour une résidence surveillée que pour un emprisonnement d’une personne aussi âgée poursuivie pour des faits non violents.
Des voix bouddhistes et civiles dénoncent les risques de discrimination religieuse
Les appels en faveur du respect de la liberté de religion se multiplient en Corée du Sud. Le chef exécutif de l'Ordre Jogye du bouddhisme coréen, le vénérable Beopsan, et le responsable de la branche de Séoul de l'Association des vétérans de la guerre de Corée, Ryu Jae-sik, ont exprimé leurs inquiétudes concernant la détention de Lee Man-hee.
Le vénérable Beopsan a rappelé que le bouddhisme repose sur le principe de l'interdépendance entre tous les êtres. Selon lui, les atteintes aux droits fondamentaux d'une communauté religieuse concernent l'ensemble de la société.
« Les menaces contre la liberté et les droits humains d'autrui ne concernent pas uniquement une religion particulière ; elles affectent la paix et la coexistence de toute notre société », a-t-il déclaré.
Ryu Jae-sik, représentant de l'Association des vétérans de la guerre de Corée à Séoul, a précisé que son intervention ne visait pas à soustraire quiconque à la justice, mais à interroger le respect des droits fondamentaux dans le traitement de cette affaire.
Selon lui, l'Église Shincheonji s'est distinguée au fil des années par son soutien aux anciens combattants, leur apportant une aide matérielle et morale alors que peu d'organisations s'intéressaient à leur situation. Il a regretté que cette contribution soit aujourd'hui éclipsée par les controverses entourant cette communauté religieuse.
Ryu Jae-sik s'est particulièrement attardé sur la situation de Lee Man-hee, qu'il présente comme un vétéran de la guerre de Corée âgé de 96 ans et dont l'état de santé est fragile. Il s'est interrogé sur la nécessité de son maintien en détention, estimant qu'une personne disposant d'un domicile fixe et ne présentant ni risque de fuite ni risque d'altération des preuves pourrait faire l'objet de mesures moins contraignantes.
Prosper Aobe
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