L’assainissement adéquat pose encore un problème au Burundi. Seulement 16% des ménages en milieu rural et 25 % en milieu urbain sont des ménages qui remplissent les conditions de l’assainissement adéquat. Pour faire face à ce défi, l’Organisation de la Défense de l’environnement et le développement durable (ODEB) a mis en place des écologiques.
Au Burundi, les maladies liées au manque d’hygiène ne cessent de se manifester chaque année. Selon les rapports de l’UNICEF de l’année 2019, 46 % des ménages burundais utilisent des latrines améliorées, alors que 54% des ménages n’ont pas des latrines adéquates.
L’analyse de l’exercice budgétaire 2021-2022 du fonds des nations unies pour l’enfance, dans le domaine de l’eau, hygiène et l’assainissement, montre que 44% des ménages urbains contre 7 % des milieux ruraux, utilisent des toilettes partagées entre 3 et 4 ménages. Un nombre plus élevé, vu les règles et conditions d’hygiène.
Au niveau des écoles, le rapport de l’UNICEF et du ministère de l’éducation nationale de la recherche scientifique de 2020-2021, montrent que 78,56% des écoles sont pourvues de toilettes non hygiéniques et que 21,44% des écoles disposent des latrines écologiques.
Le rapport de l’institut de statistiques et d’études économiques du Burundi(ISTEEBU) de 2016-2017 sur la démographie et la santé, montrent que 39 % sont des ménages qui utilisent des sanitaires améliorés, 37 sont des ménages qui ont des latrines non améliorées, 3 % des ménages n’ont pas de toilettes et pratiquent la défécation à l’air libre. De ce rapport, 10% des ménages utilisent des toilettes partagées.
Sur base de 0, 94 % du budget alloué au secteur de l’eau, hygiène au cours de l’exercice 2019-2020, on constate que le gouvernement accorde plus d’importance à ce secteur. Et d’ajouter que ce dernier devrait être facteur porteur de croissance de lutte contre la pauvreté comme il est stipulé dans le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) de 2006.
Des conséquences se manifestent
Eliezel Mugisha responsable en charge du programme sécurité alimentaire et environnement au sein de l’ODEB fait savoir que les gens qui font des défécations à l’air libre causent des problèmes.
Selon lui, la nappe phréatique est contaminée lorsque la pluie tombe. L’infiltration de ces déchets dans la nappe phréatique entraîne la pollution des sources d’eau. L’eau que nous utilisons est infectée par des microbes, et par conséquent, les maladies comme le choléra et la dysenterie se révèlent. Ce qui constitue un fardeau pour la population.
Monsieur Mugisha précise aussi que ces épidémies affectent la vie socio-économique. Au lieu de s’occuper des activités génératrices des revenus pour le développement de leurs ménages, dit-il, les fonds des ménages sont utilisés pour des soins de santé et l’achat des médicaments.
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Des latrines écologiques « AKASUGA »
M .Mugisha fait savoir que la latrine AKASUGA (de la contraction de la phase en Kirundi « Akazu ka surwumwe Gatanga amase ») est un sanitaire agro écologique de bon marché et adaptée au contexte rural et péri-urbain du Burundi. Cette latrine produit de la fumure organique.
Un sanitaire qui sépare les déchets solides et les déchets liquides. Les déchets tombent au fond de la fosse et les déchets liquides transitent dans un petit entonnoir pour finir dans un bidon ou autre récipient hermétiquement fermé. La fumure sera appliquée dans un champ après une année de décomposition. Appelé “l’or jaune”, le bidon de 20 litres d’urines est rempli après une semaine dépendamment des utilisateurs de la toilette. Le contenu sera conservé pendant une semaine, puis mélangé à 20 litres d’eau avant d’être directement déversé dans le champ.
Eliezel Mugisha indique également que les latrines écologiques présentent des avantages au niveau environnemental, socio-économique, sanitaire, agronomique et sécurité alimentaire. Au niveau de l’environnement, les latrines écologiques permettent de lutter contre la pollution. S’agissant du point de vue de la santé, ils diminuent les maladies liées au manque d’hygiène et réduisent des odeurs nauséabondes. Du point de vue agronomique et de la sécurité alimentaire, il améliore la fertilité des sols car ces latrines écologiques donnent des fertilisants de la fumure organique qui aide à augmenter la production agricole.
Des sensibilisations seront prévues
Pour éradiquer la défécation à l’air libre, l’ODEB prévoit faire des sensibilisations à l’ endroit de la population, tout en utilisant l’approche “de l’assainissement total piloté par la communauté”. Une marche au niveau de la nature là où les gens déposent ces matières fécales est également prévue pour en rappeler les conséquences aux communautés.
Pour ceux qui pratiquent la défécation à l’air libre suite au manque des moyens, cette organisation non gouvernementale les aidera à s’auto construire des latrines écologiques.
Le cas d’un de ses projets exécutés à Ngozi sur un total de 720 ménages ayant bénéficié les latrines écologiques Akasuga de la part de l’ODEB, 488 ménages constituaient l’échantillon pour l’étude de satisfaction par rapport aux latrines. Pour un peu plus de détails, 86,27% de ces ménages sont dirigés par les hommes et 13,73% sont dirigés par les femmes. Les 36,89% de ces ménages affirment qu’ils connaissent l’importance écologique et environnementale des latrines écologiques AGASUGA comme la lutte contre la pollution ; la diminution des maladies liées au manque d’hygiène et l’amélioration de la fertilité des sols et par conséquent l’augmentation de la production agricole.
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Pacifique Gahama