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Dans une allocution marquée par des critiques virulentes, l'ancien président congolais Joseph Kabila dénonce la gestion de son successeur, Félix Tshisekedi, tout en annonçant son intention de partager une vision pour l'avenir du pays.

L'ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a adressé ce vendredi 9 octobre un message à la nation qui ne laisse guère de place à l'ambiguïté. Dans cette allocution, il a dressé un réquisitoire sévère contre le pouvoir actuel, sans jamais nommer son prédécesseur, Félix Tshisekedi. Kabila affirme que ses propositions formulées lors de son dernier discours le 23 mai 2025 ont été « superbement ignorées », et que la situation du pays n'a cessé d'empirer depuis son départ.
Joseph Kabila a hérité d'un pays en « état de déliquescence totale » en 2001 et prétend l'avoir transmis en janvier 2019 « réunifié et largement pacifié ». Pourtant, il estime aujourd'hui que la RDC n'est plus une république démocratique, mais est gouvernée selon « la seule volonté » d'un chef d'État qu'il compare à « Ivan le Terrible ». Selon lui, « la cohésion nationale a volé en éclats », laissant place à des conflits identitaires et à une insécurité croissante.
Kabila ne ménage pas ses mots sur le plan sécuritaire. Il accuse le gouvernement actuel de mener une guerre sans volonté ni moyens de la gagner, citant le non-respect du cessez-le-feu signé à Doha et la collaboration avec divers groupes armés tels que les Wazalendo et les FDLR. Il dénonce également le bombardement de civils et le rejet des initiatives de paix proposées par des organisations régionales et internationales comme l'EAC ou l'Union africaine. « Face à la crise, il ne cherche pas la solution, mais la soumission », a-t-il déclaré.
Les accusations de Kabila ne se limitent pas au domaine sécuritaire. Il évoque aussi des « records inédits » d'emprisonnements d'opposants, d'activistes et de journalistes, ainsi que des assassinats impunis et une corruption galopante. L'ancien président s'inquiète également de la volonté apparente du pouvoir de modifier la Constitution, illustrée par la reprise des travaux parlementaires sur une loi référendaire.
Kabila exprime des réserves quant à l'accord sur les minerais critiques signé avec les États-Unis, estimant que ces engagements ne garantissent pas la survie du régime actuel. Selon lui, ceux-ci reposent sur « la continuité de l'État », désormais mise en péril. En conclusion de son discours, il avertit que « le Congo est en péril » et qu'il est temps pour le peuple congolais « d'avoir rendez-vous avec l'histoire ». Il annonce qu'il partagera dans un futur proche sa vision pour sauver le pays.
Cette intervention s'inscrit dans un contexte politique tendu en RDC où les relations entre les différents acteurs politiques sont marquées par des tensions persistantes. Les accusations portées par Kabila pourraient raviver les tensions entre son camp et celui de Tshisekedi alors que le pays se prépare pour des élections cruciales prévues en décembre prochain.
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