LE JOURNAL.AFRICA
SANTE

« Lave-toi et entre! », l’arme ultime anti-Ebola ?

On observe ces derniers jours dans certains hôpitaux de Bujumbura des mesures de lavage de mains à leur entrée. Mais, force est de constater que tout n’est pas clean.

Il y a quelques jours, une grosse frayeur s’est emparée de l’hôpital Roi Khaled et de ses environs. Il y avait un cas suspect d’Ebola. Et voir toute l’équipe anti-Ebola qui était mobilisée sur place, dans leur combinaison d’astronaute, il y avait de quoi s’inquiéter. Mais fort heureusement la nouvelle s’est révélée une fausse alerte et a fait plus de peur que de mal.

Quelques jours après, alors que je me rendais à cet hôpital comme à l’accoutumée le matin, j’ai remarqué un changement. Il y avait des robinets en train d’être érigés, juste à l’entrée de l’hôpital. Conséquence de cette frayeur ou pas, la machine était en marche et les robinets allaient commencer à être fonctionnels et le mot d’ordre allait être de « se laver les mains avant d’entrer à l’hôpital, pour minimiser ou réduire le risque de toute infection en général, Ebola en particulier ».

Mauvaise application

Trois jours avant ce constat, j’avais été à l’hôpital militaire de Kamenge, et là-bas les robinets étaient déjà fonctionnels. Dès mon entrée, un soldat sur les lieux me montra l’endroit. Me voyant un peu surpris comme j’y étais pas habitué, il m’expliqua : « Vous devez d’abord vous laver les mains avant d’entrer, c’est une exigence! ». Je m’avance, j’y trouve un robinet simple et un savon, je me lave. Une autre personne vient après moi, il touche là où les autres ont touché, vu qu’il n’y a pas de serviettes, et se lave. Et de me demander : « Et si au lieu de nous protéger, ces robinets produisaient l’effet contraire? ».

Seulement voilà, quelques minutes plus tard, une autre personne arrive, cette fois-ci en voiture. Pour lui, pas de case robinets pour entrer. Il fonce direct vers le parking et entre à l’hôpital sans se laver. « Ebola et autres maladies infectieuses seraient-elles donc l’apanage des seules personnes modestes? », me suis-je demandé.

Pendant ce temps, à l’hôpital roi Khaled, les robinets aussi sont en marche. Et là, se laver les mains relève de la volonté de chaque personne. Si on veut, on se lave si on ne veut pas, on entre directement puisque parfois, il n’y a personne pour rappeler aux visiteurs l’intérêt de ces robinets qui sont pourtant bien visibles dès l’entrée. Et ceux qui fréquentent ces endroits semblent, au mieux, ne pas être au courant de ce qu’ils doivent faire avant d’entrer, au pire, ne pas se soucier de leur hygiène des mains.

Qu’est-ce qui devrait être fait ?

« La construction des stands de lavage à l’entrée des hôpitaux est une recommandation pour tous les hôpitaux du Burundi », nous rappelle d’abord le Dr Martin Manirakiza, spécialiste des maladies infectieuses. « Cela parce que le lavage des mains a montré une diminution significative des infections, même en dehors de la maladie Ebola, poursuit-il. Toute personne devrait donc passer, à l’entrée comme à la sortie de l’hôpital, vers ces stands pour se laver et ce, sans exception aucune ».

Ce professeur à la faculté de médecine de l’Université du Burundi nous dit qu’en principe, « chaque stand devrait avoir une source d’eau chlorée et non juste l’eau simple du robinet ». Et pour le lavage, dit-il, « chaque personne, après s’être lavée à l’eau chlorée, devrait s’essuyer avec une serviette jetable, normalement disponible à côté. Puis rincer le robinet avec une eau chlorée et essuyer la manche du robinet avec une autre serviette jetable pour éviter que les autres personnes qui viendront après ne soient contaminées par les germes laissés par leurs prédécesseurs ».

 

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