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Des soldats somaliens entraînés en Érythrée puis envoyés se battre au Tigré, selon l’ONU

Un paragraphe du dernier rapport du rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme en Érythrée remet en cause les dénégation des autorités somaliennes. Le document affirme en effet que des soldats somaliens ont bel et bien été entraînés en Érythrée et envoyés se battre dans le Tigré, en Éthiopie, comme le dénoncent leurs familles et l’opposition somalienne, et malgré les démentis officiels. 

Des soldats somaliens qui ont été entraînés en Éythrée ont participé à la guerre dans le Tigré, en Éthiopie : voilà ce que dit en toutes lettres Mohamed Abdelsalam Babiker, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme en Érythrée, au détour d’un paragraphe de son dernier rapport.

Cette information est déjà parue dans la presse, en janvier. On évoque des centaines de Somaliens morts ou disparus, dont les familles s’inquiètent. Mais cette fois c’est un officiel de l’ONU qui s’en fait l’écho, en dépit des démentis répétés du gouvernement somalien, qui qualifie ces informations de « fake news » ou de « propagande ».

Rappelons toutefois que l’entraînement de troupes somaliennes à l’étranger – en Turquie, en Ouganda, à Djibouti – est une pratique courante et officielle. Mais en l’occurrence, il s’agirait d’une mission clandestine en Érythrée, pilotée par les services de renseignement et non le ministère de la Défense.

Selon une source érythréenne proche de l’armée, des troupes somaliennes auraient en effet été entraînées dans la région d’Anseba, au nord d’Asmara. Mais d’autres camps destinées aux forces étrangères soutenues par Asmara existent aussi dans le désert du sud : celui où s’entraînaient jadis les Ogadenis de l’ONLF et les Oromos de l’OLF, ainsi qu’Anda’Ali, celui où étaient encore jusqu’à récemment basés les Djiboutiens du Frud-armé.

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