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De Madagascar au Québec, ils ont nettoyé la planète

Des milliers de bénévoles se sont lancés samedi 21 septembre dans une chasse aux déchets dans 163 pays pour la journée mondiale du nettoyage de la planète, au lendemain d’une manifestation pour le climat qui a réuni plus de quatre millions de jeunes dans le monde selon les organisateurs. Reportages en deux points très éloignés l’un de l’autre : Madagascar et Québec.

À Madagascar, un net besoin de sensibilisation du grand public

Plus de 25 villes dans tout le pays, et en particulier les plages, ont été nettoyées. Dans la capitale Antananarivo, les habitants ont ramassé les détritus dans de nombreux quartiers. L’enjeu : générer une prise de conscience sur la prolifération des déchets sauvages. Une problématique à laquelle s’ajoute la difficile gestion des déchets dans la Grande Ile.

À 9h30, ils sont déjà une cinquantaine, la plupart des jeunes, à ramasser les ordures qui se sont accumulées le long du marais Masay, dans le centre d’Antananarivo. Un sac en toile dans les mains, Miranta s’affaire. « Il y a des bouteilles en plastiques, des couches, des tissus, ce sont les plastiques qui dominent », décrit-elle.

Chaque passant aux alentours est invité à se joindre au nettoyage. « La Terre en ce moment est vraiment très dégradée et c’est vraiment alarmant. Du coup, c’est super important de participer à ce genre de manifestation. D’abord parce que ça sensibilise les gens, qui se demandent : « c’est qui ces jeunes qui nettoient les rues? On devrait faire pareil ». Et c’est positif de voir ce genre d’impact », se réjouit Vaniela, 27 ans.

Des déchets sauvages qui jonchent les routes du fait aussi de l’absence de poubelles publiques dans la ville. « On a remarqué qu’il n’y avait pas d’endroit ou mettre nos ordures. Donc mettre dans le sac ou jeter ? Jeter c’est plus facile », regrette Sandra Ratsimbazafy est la présidente Let’s Do It Madagascar, en charge de l’organisation de cette initiative.

Une initiative pour apprendre à ne pas jeter ses déchets dans la nature mais aussi à recycler espère Sandra

« Le grand souci, c’est qu’on n’a pas encore cette habitude de trier. Quand on fait des nettoyages, d’habitude tout le monde met dans un même bac toutes les ordures. Donc aujourd’hui, on essaie de mettre à part les déchets ménagers, les plastiques ou bien les sachets. C’est un début pour sensibiliser les autres à faire pareil. »

De nombreux déchets auront une deuxième vie : ceux en plastique vont être utilisés pour fabriquer des trousses et des sacs.

Comment Mission 100 tonnes veut purger les cours d’eau

À Montréal, des citoyens armés de gants et de pinces télescopiques ont traqué les mégots de cigarettes, les bouteilles en plastiques, ou même les pneus et batteries de voiture abandonnés en bordure de route ou sur les rives des cours d’eau.

Grâce à l’inspiration de sa mère qui vit au Mexique, Chris Martinez pratique le ramassage des déchets en compagnie de sa fillette Sophie. « Je suis allé au parc près de chez moi, j’ai vu beaucoup de déchets, je me suis dit que je ne voulais pas de ça pour ma fille. J’aimerais que les enfants aient un meilleur monde. »

Avec d’autres bénévoles, la jeune femme a ramassé beaucoup de mégots de cigarettes près d’un arrêt de bus ce samedi. Depuis un an, Jimmy Vigneux et une océanologue s’impliquent pour sortir 100 tonnes de déchets des cours d’eau : plastique, ferraille, pneus. Cette mission, ils l’accomplissent au Québec, mais aussi à l’étranger. « Quand je suis allé en Indonésie l’année dernière, quand je vois après une pluie qu’il y a des tonnes de déchets sur les plages parce que tous les déchets de la ville se sont ramassés en bordure de mer… Or tous les océans sont connectés. Donc on est pour faire des grands nettoyages partout au Québec. Si y’en a pas dans les autres pays, on va quand même arriver au même résultat. Donc on essaie d’étendre notre pouvoir d’action, en partant du fait qu’on est un pays riche, pour aller soutenir des initiatives locales dans des pays où il n’y a pas de capacités financières comme il peut y avoir ici. »

Mission 100 tonnes veut donc développer de nouvelles solidarités pour nettoyer les cours d’eau partout sur la planète.

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