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RDC: la Ligue des électeurs insiste sur l’importance des élections locales

En République démocratique du Congo, la société civile insiste sur l’organisation des élections locales, municipales et communales. Après la présidentielle, les législatives nationales, provinciales et les sénatoriales, le calendrier électoral prévoyait la tenue de ces scrutins pour la première fois depuis l’adoption de l’actuelle Constitution à partir de septembre 2019. Mais en ce mois de juin, la Céni n’a toujours rien organisé, notamment en raison, dit-on d’un manque de moyens. Les élections municipales et provinciales, gages d’une démocratie locale, ont toujours été sacrifiées.

En République démocratique du Congo, l’organisation des élections locales était prévue par la Constitution de 2006. Et pourtant, le régime de Joseph Kabila a utilisé le décret-loi du 2 juillet 1998 pour nommer directement les maires, les bourgmestres, les conseillers communaux et autres chefs de secteur. Des désignations sur proposition du ministre de l’Intérieur et entérinées par le chef de l’Etat, régulièrement décriées par l’opposition et la société civile.

Manque de moyens

Le gouvernement, les centrales électorales successives, ont toujours justifié ce procédé par un manque de moyens financiers et logistiques, rappelant, que même la communauté internationale, qui avait financé les élections de 2006 avait renoncé à organiser ces scrutins.

Ces élections avaient été annoncées pour 2015, reportées sine die, puis à nouveau promises pour septembre 2019. Mais aujourd’hui la Commission électorale nationale indépendante (Céni) n’a rien fait, ni convoqué le corps électoral, ni établi les listes des candidats.

Les évêques et pasteurs du Congo sont montés au créneau fin mai et ont lancé une grande pétition pour exiger la tenue de ces scrutins. Renforcer la démocratie locale pour contrebalancer le manque de représentativité et de légitimité des élus nationaux, dit-on.

Faire une véritable démocratie à la base

La société civile et notamment la Ligue des électeurs insistent pour que l’élection des maires, des bourgmestres, des chefs, ne soit plus le fait du prince. Elle a décidé d’en appeler directement au chef de l’État. Son secrétaire exécutif national, Patrick Ngoyi, demande à Felix Tshisekedi de s’investir pour enfin instaurer une véritable démocratie à la base.

Il faut que ces élections se tiennent pour que les autorités soient plus proches de leurs élus. Parce qu’au niveau local, ce sont des autorités qui sont connues de leur population et qui vivront avec elle et qui seront obligées de répondre à leurs attentes au quotidien…

Patrick Ngoyi de la Ligue des électeurs
21-06-2019 – Par RFI

Patrick Ngoyi met en garde les autorités : «Si elles ne le font pas, les populations, les électeurs seront en mesure d’actionner les différents leviers constitutionnels et les voies qui existent pour pouvoir tirer la sonnette d’alarme, pour pouvoir sanctionner ces personnes-là. Mais tant que ce sont des autorités qui dépendent de l’autorité suprême qui est le chef de l’État, elles se disent qu’elles n’ont rien à craindre. Tout ce qu’il faut, c’est plaire au président de la République qui les a nommées. Tant que le président de la République n’en a pas décidé autrement, rien ne peut leur arriver. Alors nous avons vécu ça, ce sont des petits roitelets qui n’ont rien à devoir aux populations qui sont sous leur administration. Donc il faut qu’on arrive à mettre un terme à cela. Nous devons arriver à des élections locales, ou faire fonctionner les mécanismes démocratiques au niveau de la base, que les populations locales elles-mêmes puissent participer au choix de leurs élus locaux. Alors comme le président Félix Tshisekedi est au tout début de son mandat, il y a lieu de marteler pour que cette option politique soit levée ».

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