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RDC: le fonctionnement de la Céni une fois de plus sous le feu des critiques

En RDC, la Céni est depuis quelques jours en fin de mandat. Son vice-président est le seul à avoir démissionné. Issu de la coalition pro-Kabila, il devrait être remplacé par un membre issu de sa composante. Les autres resteront en poste tant qu’ils ne seront pas remplacés par les formations dont ils sont issus : la coalition au pouvoir, l’opposition et la société civile. Un équilibre négocié, des désignations concertées qui peuvent prendre des mois et font rarement l’unanimité.

À l’issue de ce troisième cycle d’élections, la centrale électorale congolaise est plus que jamais contestée pour son manque de transparence et d’indépendance.

Pour les principales missions d’observation congolaises, il faut réformer la Commission électorale nationale indépendante (Céni). L’institution est trop politisée, elle a failli à sa mission, notamment en se refusant à publier les résultats des élections, ce qui serait à l’origine de l’essentiel des tensions politiques aujourd’hui.

Une Céni plus indépendante ?

Bishop Abraham Djamba, le chef de mission de la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections de RDC (Symocel), milite pour une Céni plus indépendante. « Ce que la société civile demande de plus en plus, c’est que les animateurs de la Céni proviennent des organisations spécialisées en élection, donc des responsables de la société civile. Et à ce moment-là, on pourrait peut-être obtenir que la Céni soit retranchée de toute influence politique ».

À chaque nouveau cycle électoral, les mêmes critiques sont formulées. Une réforme en 2013 avait permis à la société civile d’avoir des représentants, mais ça n’a pas suffi.

Manipulations

L’expert électoral Alain-Joseph Lomandja avait participé aux négociations visant à l’installation de la nouvelle Céni. Il pointe les manipulations qui minent l’organisation. « C’est cela qu’on a observé. Chaque fois qu’il y a eu changement d’équipe à la Céni, le pouvoir s’arrangeait toujours pour récupérer les membres de la société civile et faire en sorte que le quota du pouvoir soit plus élevé que ce qu’on imagine ».

À l’heure actuelle, officiellement, sur les treize membres de l’assemblée plénière de la Céni, six sont issus de la majorité parlementaire, quatre de l’opposition et trois de la société civile.

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