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SÉCURITÉ

RDC-Ituri : les FARDC intensifient leurs opérations pour imposer la paix à Djugu

Dans le territoire de Djugu, en Ituri, les tensions persistent malgré les accords de paix signés entre le gouvernement provincial et plusieurs milices locales. Ce mardi, l’armée congolaise a réaffirmé la détermination à reprendre le contrôle face aux groupes armés récalcitrants. Avec une stratégie militaire renforcée, l’armée entend contraindre ces milices à respecter leurs engagements pour ramener la stabilité dans une région meurtrie par des années de violences.

Situé au nord-est de la République démocratique du Congo, le territoire de Djugu est l’un des épicentres de l’insécurité en Ituri. Depuis le regain de violences en 2017, exacerbé par des conflits intercommunautaires et l’activisme de groupes armés, la région est plongée dans une crise humanitaire majeure.

Affrontements armés, pillages, massacres et déplacements massifs de populations ont bouleversé la vie des habitants, majoritairement des agriculteurs et des éleveurs. Selon les Nations unies, plus de 1,6 million de personnes sont déplacées en Ituri, dont une grande partie dans le territoire de Djugu, où l’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins reste critique.

Face à cette situation, les autorités provinciales, appuyées par le gouvernement central, ont multiplié les initiatives pour restaurer la paix. Des actes d’engagement ont été signés avec plusieurs milices locales, notamment des groupes comme la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) et d’autres factions armées. Ces accords visent à mettre fin aux hostilités, à favoriser le désarmement volontaire, à promouvoir la cohésion sociale et à permettre le retour progressif des populations déplacées dans leurs villages.

Cependant, la réalité sur le terrain est bien différente : plusieurs groupes armés, parfois divisés en factions internes, continuent de défier ces engagements, menaçant la fragile dynamique de paix. Lors d’une conférence de presse tenue à Djugu le mardi 12 août 2025, le lieutenant Jules Ngongo a dressé un bilan des opérations militaires en cours.

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« Le territoire de Djugu est le théâtre d’opérations ciblées menées par les FARDC contre tous les groupes hostiles au processus de paix », a-t-il déclaré. Selon lui, l’armée a désormais l’ascendant sur les milices, grâce à une meilleure coordination, un renforcement des effectifs et un soutien logistique accru. « Notre mission est claire : contraindre ces groupes à respecter leurs engagements, sinon les désarmer de force », a-t-il ajouté. Ngongo a également évoqué le précédent d’Aru, une autre localité de l’Ituri où les FARDC ont réussi à stabiliser la situation en neutralisant des poches de résistance.

« Ceux qui s’écartent de leurs engagements en subiront les conséquences. Les FARDC sont là pour accomplir leur devoir, et nous constatons déjà des résultats concrets sur le terrain », a-t-il averti.

Des milices aux stratégies insidieuses

Malgré les progrès revendiqués par l’armée, les milices continuent de poser des défis. Certaines d’entre elles, conscientes de leur infériorité face à la puissance de feu des FARDC, adoptent des tactiques de guérilla, multipliant les incursions sporadiques dans les villages.

« Ces attaques visent à détourner notre attention et à perturber notre mission », a expliqué le lieutenant Ngongo. « Mais notre discipline et notre professionnalisme nous permettent de rester concentrés sur l’objectif : protéger la population et rétablir l’ordre. »

Ces incursions, souvent marquées par des pillages et des violences contre les civils, exacerbent la méfiance des habitants envers les processus de paix. Dans certaines zones, les populations locales hésitent à collaborer avec les autorités, craignant des représailles de la part des milices. Cette situation complique davantage la tâche des FARDC, qui doivent non seulement combattre les groupes armés, mais aussi regagner la confiance des communautés.

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Une stratégie globale pour une paix durable

Pour les FARDC, la pacification de Djugu ne repose pas uniquement sur la force militaire. Le lieutenant Ngongo a insisté sur l’importance de conjuguer les efforts sécuritaires avec des initiatives civiles.

« Les actes d’engagement ne sont pas de simples documents. Ils représentent un pacte pour la paix, la cohésion sociale et la sécurité. Nous devons travailler avec les communautés et les autorités locales pour consolider ces acquis », a-t-il déclaré.

Les autorités provinciales, de leur côté, tentent de renforcer le dialogue avec les leaders communautaires et les anciens combattants pour encourager la réintégration des miliciens désarmés. Des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) sont en cours, bien que leur mise en œuvre soit entravée par un manque de financement et des tensions persistantes entre communautés.

En intensifiant leurs opérations, les FARDC adressent un message sans équivoque aux groupes armés : le retour à la paix n’est pas négociable. Cependant, la complexité du conflit en Ituri, mêlant rivalités ethniques, luttes pour le contrôle des ressources (notamment l’or et les terres fertiles) et faiblesses structurelles de l’État, rend la stabilisation de Djugu particulièrement ardue.

La population, épuisée par des années de violences, place ses espoirs dans une action concertée entre les FARDC, les autorités civiles et les partenaires internationaux.

Gloire Kambale GT

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