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L'organisation Médecins sans frontières (MSF) alerte sur l'exclusion du Nord-Kivu des financements du Fonds mondial, alors que le paludisme continue de frapper durement cette province.

Dans un contexte de crise sanitaire exacerbée, Médecins sans frontières (MSF) a lancé un appel urgent pour que le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, soit réintégré dans les programmes de financement du Fonds mondial dédiés à la lutte contre le paludisme. Cette demande survient alors que la province fait face à une situation humanitaire critique, marquée par des conflits armés et des épidémies.
Le paludisme demeure la première cause de morbidité en RDC, avec une prévalence particulièrement élevée dans le Nord-Kivu. Selon MSF, l'exclusion de cette province des priorités de financement intervient à un moment où son système de santé est déjà sous pression en raison d'une épidémie d'Ebola en cours.
Stéphane Doyon, responsable des programmes de MSF, a exprimé son inquiétude face à cette situation : « En l’état actuel, la province du Nord-Kivu serait exclue des futures priorités de financement pour la lutte contre le paludisme, alors même que son système de santé pourrait bientôt être submergé par l’épidémie d’Ebola. » Les similitudes entre les symptômes du paludisme et ceux d'Ebola compliquent davantage le diagnostic et retardent la mise en place des traitements appropriés.
Des chiffres inquiétants
Dans les zones de santé de Bambo, Kibirizi et Rutshuru, où MSF intervient aux côtés du ministère de la Santé, le paludisme représentait entre 48 % et 58 % des consultations en 2025. Plus de 255 000 cas simples et plus de 26 000 cas graves ont été pris en charge par MSF et ses partenaires. Parmi ces patients, plus de 165 560 ont reçu des soins dans des structures soutenues par l'organisation humanitaire.
Les déplacements massifs de populations fuyant les combats entre groupes armés aggravent encore la situation. Beaucoup se retrouvent dans des zones reculées, où l'accès aux soins est limité et où l'exposition au paludisme est accrue.
Un appel à l'action
MSF insiste sur la nécessité d'une répartition équitable des ressources basées sur la vulnérabilité des populations et la charge de la maladie. L'organisation plaide pour que le Fonds mondial et les autorités congolaises prennent conscience de l'urgence de la situation au Nord-Kivu.
Alors que la communauté internationale se mobilise pour lutter contre les épidémies en Afrique, il est crucial que le Nord-Kivu ne soit pas laissé pour compte dans cette lutte. La réintégration de cette province dans les financements du Fonds mondial pourrait faire une différence significative dans la lutte contre le paludisme et améliorer les conditions sanitaires des populations affectées.
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