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Malgré une baisse apparente des violences, les ADF étendent leur influence dans l'est de la République démocratique du Congo, mettant en lumière une menace persistante.

Dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), les Forces démocratiques alliées (ADF) continuent d'étendre leur zone d'action, selon le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu. Bien que le nombre de civils tués par ce groupe armé ait diminué en juin 2026 par rapport au mois précédent, cette baisse ne doit pas être interprétée comme un affaiblissement de leur pouvoir.
En effet, le rapport indique qu'au moins 62 civils ont été tués et 57 autres enlevés par les ADF au mois de juin. Ce chiffre, bien qu'inférieur aux plus de 190 civils tués en mai lors de 36 attaques documentées, révèle une situation alarmante. Les chercheurs soulignent que cette diminution coïncide avec une réduction des opérations militaires Shujaa sur le terrain. Cependant, cela n'implique pas un recul des ADF, qui continuent d'étendre leur rayon d'action au-delà des territoires habituels du Beni.
Une présence croissante dans le Haut-Uélé
Les ADF sont désormais signalées dans les territoires de Watsa et de Wamba, dans la province du Haut-Uélé. Cette région, qui n'est pas encore couverte par le dispositif de suivi du KST, devient un nouveau terrain d'expansion pour ce groupe armé. Des attaques meurtrières récentes à Beni et Mangina ont déjà causé la mort d'au moins vingt personnes, selon les autorités locales et la société civile.
Le Baromètre sécuritaire du Kivu met en garde contre l'interprétation hâtive des données. La baisse des violences observée en juin ne signifie pas que les ADF sont moins menaçants. Au contraire, leur capacité à s'implanter dans de nouvelles zones pourrait aggraver la situation sécuritaire pour les populations locales.
Contexte régional et historique
La présence des ADF en RDC remonte à plusieurs années. Originaires d'Ouganda, ces rebelles se sont infiltrés dans l'est de la RDC où ils ont profité de l'instabilité et des failles sécuritaires pour établir leurs bases. Malgré les efforts déployés par l'armée congolaise et la Monusco pour contrer leurs actions, les ADF continuent de représenter une menace significative pour la sécurité des civils.
Dans nos colonnes, nous avions déjà évoqué comment les attaques attribuées aux ADF avaient augmenté entre janvier 2021 et janvier 2022. Les efforts conjoints entre Kinshasa et Kampala pour neutraliser ce groupe armé n'ont pas encore produit les résultats escomptés. Le rapport onusien publié en mai dernier confirmait également que les attaques des ADF avaient atteint un niveau alarmant malgré les interventions militaires.
Sécurité précaire et défis humanitaires
La situation sécuritaire précaire dans l'est de la RDC a conduit à une crise humanitaire majeure. Des milliers de personnes sont déplacées chaque jour à cause des violences, cherchant refuge dans des zones plus sûres comme Ngungu et Kibabi. Le Conseil norvégien pour les réfugiés a récemment appelé à une aide fondée sur les besoins réels plutôt que sur des intérêts géopolitiques.
Alors que les ADF poursuivent leur expansion, il est crucial que la communauté internationale intensifie son soutien aux efforts visant à stabiliser la région et protéger les populations vulnérables. La transformation des ressources naturelles des Grands Lacs en leviers de paix et de développement pourrait également jouer un rôle clé dans cette lutte contre l'insécurité persistante.
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