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L’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) appelle à une action concrète face à l’impunité des entreprises minières responsables de graves atteintes à l’environnement dans le Haut-Katanga et le Lualaba.

À Lubumbashi, l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) a récemment adressé un mémorandum au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dénonçant l’« institutionnalisation de l’impunité » dont bénéficient certaines entreprises minières. L’IRDH cite spécifiquement les cas de la Société Minière du Katanga (SOMIKA), Congo Dongfang International Mining (CDM) et Chemaf SA, en appelant à une application stricte des obligations légales en matière de réparation, de santé publique et de protection de l’environnement.
La situation environnementale dans les provinces cuprifères de la République démocratique du Congo (RDC) est alarmante. L’accélération de la production minière, motivée par une demande internationale croissante en minerais comme le cuivre et le cobalt, se fait souvent au détriment des droits des communautés locales et de la préservation de l’environnement. Dans ce contexte, l’IRDH insiste sur la nécessité d’une responsabilité accrue des entreprises minières.
Incidents récents et récurrentsLe dossier le plus préoccupant concerne SOMIKA, où deux incidents survenus les 26 et 29 avril 2026 ont entraîné le déversement d’effluents acides dans le village de Kwampisha, situé dans le territoire de Kipushi. Selon l’IRDH, ces substances ont non seulement contaminé la route menant au village mais ont également atteint la rivière Kasonta, qui alimente le lac artificiel de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA). Cette contamination pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur les ressources hydriques, la biodiversité aquatique et la santé des populations.
Face à ces accusations, SOMIKA a rejeté toute responsabilité, affirmant que les analyses menées sur place n’indiquaient pas de contamination significative. La société a décrit ces incidents comme des problèmes techniques maîtrisés, avec un pH des eaux affectées proche de 8.
Un passé tumultueuxL’IRDH ne se limite pas aux événements récents. Le mémorandum souligne que les problèmes environnementaux liés à SOMIKA ne sont pas nouveaux. Des plaintes datant de 2021 avaient déjà émergé concernant la pollution de l’eau et de l’air dans le quartier Somika à Lubumbashi. À cette époque, une commission mixte d’enquête avait été mise en place pour examiner ces allégations.
Des informations antérieures rapportent que SOMIKA avait déjà été accusée d’avoir pollué la nappe phréatique de Kimilolo. Ces récurrences soulèvent des questions cruciales sur la responsabilité environnementale des entreprises minières en RDC et sur l’efficacité des mécanismes mis en place pour garantir leur conformité aux normes environnementales.
Une dynamique inquiétanteDans un contexte où les autorités congolaises s’efforcent d’accélérer la transformation locale des minerais pour maximiser leurs bénéfices économiques, les préoccupations environnementales semblent souvent reléguées au second plan. Selon nos dépêches précédentes, cette dynamique pourrait exacerber les tensions entre les besoins économiques immédiats et les impératifs écologiques essentiels à long terme.
L’IRDH appelle donc à une vigilance accrue et à une action rapide pour mettre fin à cette impunité qui permet aux entreprises minières d’opérer sans contrôle adéquat. La RDC doit non seulement répondre aux besoins du marché international mais aussi protéger ses ressources naturelles et garantir la santé et le bien-être de ses citoyens.
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