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Le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a plaidé pour l'établissement d'un tribunal pénal spécial et une justice transitionnelle en République démocratique du Congo, tout en s'opposant à une révision constitutionnelle.

À Bukavu, le 1er août 2026, lors de la Journée nationale du « Génocost », le Dr Denis Mukwege a exprimé des préoccupations majeures concernant l'avenir politique et judiciaire de la République démocratique du Congo (RDC). Le gynécologue et lauréat du prix Nobel de la paix a appelé à la création d’un tribunal pénal spécial pour juger les crimes commis dans le pays, tout en plaidant pour une justice transitionnelle efficace.
« La création d’un tribunal spécial assumé et soutenu par l’État congolais est devenue plus que jamais nécessaire face au contexte actuel », a déclaré Mukwege. Cette demande s'inscrit dans un cadre où les violences et les violations des droits humains demeurent endémiques, particulièrement dans l'est du pays, où des conflits armés persistent depuis des décennies.
Justice transitionnelle et révisions constitutionnellesEn outre, Mukwege a insisté sur l'importance d'une mise en œuvre efficace de la justice transitionnelle. Selon lui, cela est crucial pour restaurer la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires. Il a également exprimé son inquiétude quant à la révision de la Constitution actuelle. « Je crains que ce changement ne conduise à une nouvelle déstabilisation », a-t-il averti, soulignant les risques politiques qui pourraient en découler.
Cette position de Mukwege intervient alors que le pays fait face à des tensions politiques croissantes. La récente réélection de Félix Tshisekedi, confirmée par la cour constitutionnelle, a été marquée par des controverses et des accusations d'irrégularités. En effet, selon un rapport de RFI, les résultats ont été contestés par plusieurs partis politiques qui dénoncent une manipulation des urnes.
Un contexte historique chargéLa RDC a une histoire tumultueuse marquée par des conflits armés et des violations massives des droits humains. Le rapport Mapping de 2010, qui documente les atrocités commises entre 1993 et 2003, n’a toujours pas abouti à des poursuites significatives. Dans ce contexte, Mukwege a souvent été vocal sur la nécessité d’une action internationale pour que ces crimes soient jugés.
Dans nos colonnes, nous avons précédemment discuté de l'engagement continu de Mukwege en faveur des victimes de violences sexuelles en temps de guerre. Son hôpital à Panzi est devenu un symbole de résilience et d'espoir pour de nombreuses femmes touchées par ces atrocités.
Appels à l'action internationaleMukwege ne se limite pas à un plaidoyer national ; il appelle également la communauté internationale à soutenir ses efforts. « Les Nations Unies doivent jouer un rôle actif dans l'établissement d'un mécanisme judiciaire solide », a-t-il déclaré lors d'un entretien récent. Cette demande souligne l'urgence d'une intervention externe face à l'inefficacité perçue du système judiciaire congolais.
Les appels répétés de Mukwege reflètent une frustration croissante parmi les Congolais face à l'impunité persistante dont bénéficient les auteurs de crimes graves. En ce sens, son engagement va au-delà du simple constat : il cherche à mobiliser une volonté politique tant sur le plan national qu'international pour faire avancer la justice en RDC.
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