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Le diabète peut compromettre la santé reproductive des femmes et des hommes, particulièrement lorsqu’il est mal contrôlé. Au Burundi, le dépistage tardif et les tabous liés à la sexualité constituent des obstacles à une prise en charge efficace. Le Dr Anthony Nsabiyumva, diabétologue au CELUCODIA, insiste sur l’importance du dépistage précoce et du suivi médical pour prévenir les complications et préserver les chances de conception.

Le diabète ne se limite pas à une élévation du taux de sucre dans le sang. Lorsqu’il est mal contrôlé, il peut également affecter la vie sexuelle et la fertilité, compromettant parfois les projets parentaux des couples. Au Burundi, cette dimension de la maladie mérite davantage d’attention, notamment en raison des difficultés à parler ouvertement de sexualité et à consulter suffisamment tôt.
Le Dr Anthony Nsabiyumva, diabétologue au Centre de lutte contre le diabète au Burundi (CELUCODIA), souligne l’importance de mieux comprendre les effets de cette maladie chronique sur l’organisme et de renforcer la prévention.
Il existe principalement deux types de diabète. Le diabète de type 1 (DT1) est une maladie auto-immune qui entraîne la destruction des cellules du pancréas productrices d’insuline. Le diabète de type 2 (DT2), quant à lui, se caractérise notamment par une résistance de l’organisme à l’action de cette hormone, qui régule le taux de sucre dans le sang.
Selon le spécialiste, le diabète de type 2 est le plus répandu au Burundi. Son apparition est favorisée par plusieurs facteurs, notamment les antécédents familiaux, l’âge, le surpoids, la sédentarité et certaines habitudes alimentaires.
Contrairement au DT2, le DT1 nécessite un traitement par insuline. La prise en charge du DT2 repose notamment sur une alimentation équilibrée, l’activité physique et, selon les besoins du patient, des médicaments.
Chez les femmes, le diabète peut provoquer des irrégularités menstruelles et des troubles de l’ovulation. Il peut également augmenter le risque de certaines infections génito-urinaires susceptibles, dans certaines circonstances, d’avoir des conséquences sur la fertilité.
Chez les hommes, la maladie peut favoriser les troubles de l’érection, diminuer le désir sexuel et, dans certains cas, affecter la production de testostérone ou certains paramètres du sperme.
Ces complications peuvent compliquer la conception et peser sur la vie intime des couples. Toutefois, leurs manifestations varient d’une personne à l’autre. Le diabète ne signifie donc pas systématiquement infertilité.
Face aux idées reçues, le Dr Anthony Nsabiyumva rappelle que les personnes vivant avec le diabète peuvent avoir des enfants. Une prise en charge appropriée permet de mieux contrôler la maladie et d’identifier les éventuelles difficultés de fertilité.
Le contrôle de la glycémie constitue une étape essentielle. Il repose sur le respect du traitement médical, une alimentation adaptée et une activité physique régulière.
Lorsque des difficultés de conception persistent, une consultation médicale permet d’en rechercher les causes et d’envisager un traitement adapté. Selon la situation, la prise en charge peut comprendre des médicaments, le traitement de troubles sexuels ou le recours à des techniques de procréation médicalement assistée, comme la fécondation in vitro.
Le spécialiste insiste également sur l’importance d’une évaluation médicale des deux partenaires afin de déterminer l’origine des difficultés et d’éviter les conclusions hâtives.
L’alimentation joue un rôle important dans le contrôle du diabète. Les professionnels de santé recommandent notamment de privilégier les légumes, les aliments riches en fibres, les céréales complètes et les sources de protéines telles que les légumineuses, les poissons et les volailles.
À l’inverse, les boissons sucrées, les sodas et les aliments riches en sucres ajoutés doivent être limités. Une alimentation variée peut également contribuer à prévenir certaines carences nutritionnelles susceptibles d’affecter la santé reproductive.
Les vitamines et minéraux présents dans les légumes verts, les œufs, les poissons et les légumineuses participent au bon fonctionnement de l’organisme. Toutefois, aucun aliment ne garantit à lui seul une meilleure fertilité. Les conseils nutritionnels doivent être adaptés aux besoins de chaque personne avec l’accompagnement d’un professionnel de santé.
Au-delà du traitement médical, la communication constitue un élément important de la prise en charge. Les couples doivent pouvoir aborder librement les questions liées à la sexualité, à la fertilité et au désir d’enfant.
En cas de difficultés à concevoir, le recours à un professionnel de santé permet d’identifier les causes et de bénéficier d’un accompagnement approprié. Pour les femmes vivant avec le diabète et souhaitant tomber enceintes, une consultation avant la conception est particulièrement importante afin de préparer la grossesse dans de bonnes conditions.
Selon la Fédération internationale du diabète (FID) 589 millions de personnes vivent avec le diabète dans le monde, dont environ 25 millions dans la région Afrique. Ce nombre pourrait atteindre près de 60 millions d’ici à 2050, selon les projections évoquées.
Face à cette progression, le dépistage précoce, l’accès aux soins et la sensibilisation aux complications de la maladie restent essentiels. Au Burundi, mieux informer la population sur les effets du diabète sur la santé reproductive pourrait contribuer à briser les tabous, à encourager les consultations médicales et à permettre aux couples concernés de mieux préparer leurs projets familiaux.
Freddy Bin Sengi
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