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Le nouveau président de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye, met la sécurité régionale au cœur de son mandat, dans un contexte d'instabilité croissante en Afrique de l'Ouest.

Le 29 juin 2023, Bassirou Diomaye Faye a été élu à l'unanimité président de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) lors d'un sommet tenu à Abuja, au Nigeria. Ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères et ancien ambassadeur du Sénégal aux Nations unies, Faye succède à Nana Akufo-Addo, le président ghanéen. Son élection intervient à un moment crucial pour la région, où les défis sécuritaires s'intensifient.
La situation sécuritaire en Afrique de l'Ouest est marquée par une montée en puissance des groupes jihadistes, notamment au Sahel et dans les pays côtiers. Les attentats et les violences communautaires se multiplient, mettant à mal les efforts de développement et exacerbant les crises humanitaires. Selon un rapport de l'ONU, plus de 10 millions de personnes sont actuellement déplacées en raison des conflits armés dans cette région.
Dans ce contexte difficile, Bassirou Diomaye Faye a affirmé que sa priorité sera d'assurer une « paix durable » pour tous les citoyens ouest-africains. Lors du sommet d'Abuja, il a souligné que « le terrorisme ne connaît pas de frontières », appelant ainsi à une coopération renforcée entre les États membres pour contrer cette menace transnationale.
Des initiatives concrètes en perspective
Le nouveau président a également évoqué la nécessité d'une approche intégrée pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé. Faye a proposé des solutions innovantes qui seront discutées lors du prochain sommet extraordinaire prévu en septembre. Ces propositions devraient inclure des mécanismes de partage d'information entre les services de renseignement des États membres et le renforcement des capacités militaires régionales.
Cette volonté d'agir rapidement est partagée par plusieurs dirigeants ouest-africains. Mahamadou Issoufou, ancien président du Niger et actuel président du groupe régional sur la sécurité, a indiqué que « sans une réponse coordonnée, nous serons tous perdants ». Cette déclaration met en lumière l'urgence d'une collaboration accrue face à une menace commune.
L'héritage d'Akufo-Addo
Nana Akufo-Addo a laissé un héritage significatif à la CEDEAO, notamment en matière d'intégration économique et politique. Cependant, son mandat a été également marqué par des défis sécuritaires croissants. Les initiatives lancées sous sa présidence ont souvent été entravées par l'insécurité persistante dans plusieurs États membres.
Les chefs d'État présents à Abuja ont exprimé leur soutien aux nouvelles orientations proposées par Faye. Ils ont convenu qu'il était impératif de transformer les discours en actions concrètes pour faire face aux défis sécuritaires qui pèsent sur la région.
Vers une coopération renforcée
Les attentes sont élevées quant à la capacité de Bassirou Diomaye Faye à mobiliser les ressources nécessaires pour faire face à ces enjeux. La CEDEAO dispose déjà d'un fonds d'un milliard de dollars dédié à la lutte contre le terrorisme, comme annoncé lors du sommet extraordinaire à Ouagadougou en septembre dernier. L'utilisation efficace de ces fonds sera cruciale pour réaliser les objectifs fixés.
En somme, le mandat de Bassirou Diomaye Faye pourrait bien être déterminant pour l'avenir sécuritaire de l'Afrique de l'Ouest. La région se trouve à un tournant décisif où chaque action compte dans la lutte contre le terrorisme et l'insécurité généralisée.
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