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Les magistrats tchadiens expriment leur indignation suite à des déclarations jugées dégradantes d'Ali Ahmat Aghabache, entraînant une plainte officielle.

Le ministre de la Sécurité publique du Tchad, Ali Ahmat Aghabache, a suscité une vive controverse après avoir qualifié les magistrats de "plus corrompus" que les policiers. Ces déclarations, tenues lors d'une émission radiophonique sur RFI avec un accusé de viol, ont provoqué une réaction immédiate de la part du monde judiciaire.
Lors d'une assemblée générale tenue le mardi 26 mai, les magistrats ont décidé de maintenir une plainte contre le ministre pour diffamation et atteinte à l'indépendance de la justice. Selon Gilles Foussard, président du Syndicat autonome des magistrats et magistrates du Tchad (SAMAT), ces propos constituent "des infractions de discrédit publics sur des actes judiciaires et juridictionnels". Les magistrats estiment que leurs compétences sont remises en question par ce type de déclaration.
En juin 2021 l'assassinat du procureur de la République de Oum-Hadjer, un événement qui avait déclenché la colère des magistrats face à l'insécurité croissante dans le pays. Les revendications pour une meilleure protection des juges se sont intensifiées depuis lors.
En réponse aux préoccupations exprimées par le SAMAT et d'autres syndicats de la magistrature, le gouvernement a mis en place un comité interministériel chargé d'examiner les conditions sécuritaires au sein des institutions judiciaires. Cependant, cette initiative semble insuffisante aux yeux des magistrats qui continuent de vivre dans un climat d'insécurité.
D'après une source proche du dossier, les tensions entre le ministère de la Sécurité publique et le monde judiciaire reflètent un problème plus large d'ingérence politique dans le système judiciaire tchadien. Les magistrats dénoncent régulièrement des pressions exercées sur leur travail, ce qui compromet leur indépendance.
Les récents événements mettent en lumière une crise plus profonde au sein du système judiciaire au Tchad. Avec des agressions répétées contre des juges et un climat général d'insécurité, les magistrats appellent à un dialogue constructif avec le gouvernement pour garantir leur sécurité et celle des citoyens.
Les propos d'Ali Ahmat Aghabache ne font qu'ajouter à la frustration croissante parmi les magistrats tchadiens. Alors que la justice lutte pour son indépendance, il devient crucial pour les autorités d'écouter les revendications légitimes du monde judiciaire afin d'éviter une détérioration supplémentaire de la situation sécuritaire dans le pays.
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