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La RDC franchit une nouvelle étape vers l’Assurance maladie obligatoire. À Kinshasa, gouvernement, syndicats et acteurs de la Couverture santé universelle sont réunis pour s’accorder sur les modalités de son lancement. Au cœur des discussions : l’accès aux soins, le financement et la protection des ménages contre les dépenses de santé qui peuvent les faire basculer dans la précarité.

Le gouvernement et le Fonds de solidarité de santé (FSS) ont ouvert, mardi 6 octobre à Kinshasa, un atelier consacré aux modalités de mise en œuvre de l’Assurance maladie obligatoire. Agents publics, organisations syndicales, travailleurs et institutions engagées dans la Couverture santé universelle y examinent, pendant plusieurs jours, l’offre proposée ainsi que les conditions d’un accord destiné à accompagner le lancement du dispositif.
Ces assises ont été conçues comme une étape de concertation et non comme une simple séance d’information. Les participants doivent prendre connaissance du paquet de soins, du cadre institutionnel, des mécanismes de financement et des responsabilités attribuées aux structures chargées de la mise en œuvre, avant la formalisation d’un cadre de collaboration avec le banc syndical.
Des consultations préparatoires avaient déjà été menées avec les organisations représentatives des agents publics. La particularité de la séquence ouverte cette semaine réside dans l’implication directe des syndicats et l’élargissement du dialogue à différentes catégories de l’administration ainsi qu’au monde du travail régi par le Code du travail.
L’enjeu est d’obtenir l’appropriation de la réforme par ceux qui seront appelés à y adhérer et à y contribuer. Les travaux doivent s’achever jeudi 8 octobre par une restitution, des négociations directes et la signature de protocoles d’accord qui serviront de base à la poursuite du déploiement.
À l’ouverture, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a défendu une réforme fondée sur le principe de solidarité. Pour lui, l’accès aux soins ne peut continuer à dépendre uniquement de la situation financière de chaque famille, dans un pays où de nombreux ménages restent exposés à des dépenses susceptibles de fragiliser durablement leur situation économique.
Il a illustré ce mécanisme par le cas d’une mère ayant constitué une épargne au prix de plusieurs mois d’efforts, avant de devoir la mobiliser entièrement et de s’endetter à la suite d’une urgence médicale touchant son enfant. Une maladie, a-t-il estimé, ne devrait pas suffire à faire basculer une famille dans la vulnérabilité.
Le ministre a reconnu que des transformations de cette nature peuvent susciter des résistances lorsqu’elles modifient des habitudes établies. Il les a toutefois jugées indispensables pour construire un système dans lequel les Congolais ne restent plus seuls face au coût de la maladie. Il a, à cet effet, appelé les forces sociales à s’approprier la réforme.
La représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a rappelé que la Couverture santé universelle vise à garantir l’accès à des soins de qualité sans exposer les ménages à des difficultés financières. Elle a insisté sur l’importance des mécanismes de prépaiement, de mutualisation des ressources et de solidarité pour réduire le recours au paiement direct au moment de la maladie.
Pour l’OMS, rendre les soins disponibles ne suffit pas : leur utilisation ne doit pas provoquer de difficultés financières pour les personnes qui en ont besoin. L’organisation recommande donc aux États de développer un financement solidaire plutôt que de laisser chaque ménage assumer isolément le risque lié à la maladie.
Elle a estimé que la réussite d’une assurance maladie obligatoire dépend largement de l’appropriation de la réforme par les bénéficiaires. Dans cette logique, le dialogue social engagé à Kinshasa constitue « un investissement » plutôt qu’une simple formalité administrative.
Anatole Mangala, directeur général du Fonds de solidarité de santé, a présenté la progressivité, la redevabilité et la multisectorialité comme les principes directeurs de l’action du Fonds. La priorité, a-t-il indiqué, est désormais de traduire la solidarité en mécanismes concrets et d’élargir progressivement la couverture à différentes catégories de la population.
Le rôle du FSS ne se limite pas à la gestion financière des prises en charge. Il doit également contribuer à la mobilisation des ressources, à la prévention et à la promotion de la santé, tout en clarifiant les droits, les prestations et les responsabilités des différentes parties appelées à intervenir dans le nouveau dispositif.
Cette progression doit s’accompagner d’une amélioration de la qualité des soins, de la disponibilité des médicaments et de la modernisation des mécanismes de gestion. Les prochaines journées seront consacrées au paquet de soins transitoire, aux modalités de cotisation et aux échanges en groupes, avant les négociations finales avec le banc syndical.J’ai surtout corrigé les formulations lourdes, les répétitions, la ponctuation et quelques constructions grammaticales, sans modifier le contenu journalistique.
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