Les accusations d'Augustin Kabuya contre Joseph Kabila ravivent les tensions en RDC
Lors d'un meeting politique, le Secrétaire général de l'UDPS a accusé l'ancien président Joseph Kabila d'être impliqué dans l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, tué en 2001.

Le 22 juin 2026, lors d'un meeting au siège de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) à Kinshasa, Augustin Kabuya, Secrétaire général du parti au pouvoir en République Démocratique du Congo (RDC), a lancé une accusation retentissante. Il a affirmé que Joseph Kabila, ancien président de la RDC, était responsable de l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila. Ce dernier avait dirigé le pays de 1997 jusqu'à son meurtre le 16 janvier 2001.
« Comment on peut accéder au pouvoir par un coup d'État sans en être impliqué. Ce n’est un secret pour personne : C’est Kabila qui a tué Laurent-Désiré Kabila », a déclaré Augustin Kabuya devant une foule de partisans. Cette déclaration survient dans un climat politique déjà tendu entre les camps rivaux du président actuel Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila.
Un contexte politique chaotiqueL'assassinat de Laurent-Désiré Kabila a été exécuté par l'un de ses gardes du corps, Rachidi Kasereka. Ce dernier a été abattu peu après par le colonel Eddy Kapend, aide de camp du président. Selon plusieurs observateurs et organisations comme le CRDD (Conscience Républicaine pour la Démocratie et le Développement), les circonstances entourant cet événement tragique restent floues et controversées. Les appels à une révision des procès liés à cet assassinat persistent depuis des années.
Ces nouvelles accusations interviennent alors que Félix Tshisekedi lui-même est sous le feu des critiques pour avoir récemment qualifié Joseph Kabila de « chien » lors d'une rencontre avec la diaspora congolaise aux États-Unis. Ces propos ont provoqué une onde de choc au sein même du parti au pouvoir et ont été interprétés comme une insulte directe à l'ancien président.
Des tensions internes et externesKabuya a cherché à atténuer les effets des déclarations controversées du président Tshisekedi en expliquant que ses mots avaient été sortis de leur contexte. Selon lui, Tshisekedi entendait dénoncer la soumission présumée de Joseph Kabila aux influences étrangères, notamment celles du Rwanda. « On attend ici, lorsque nos jeunes frères du parti vont dans les médias pour défendre le régime. On dit que Kabuya, arrête tes chiens. Cela veut dire qu’on nous injurie des chiens ? », s'est-il interrogé en Lingala.
Ces échanges verbaux exacerbent les fractures au sein du paysage politique congolais déjà marqué par des tensions historiques entre différentes factions politiques. L'AFC/M23, par la voix de son Coordonnateur politique Corneille Nangaa, a qualifié les propos de Tshisekedi d'« irresponsables », soulignant qu'ils pourraient compromettre les négociations politiques en cours.
Le poids du passéL'histoire tumultueuse de la République Démocratique du Congo continue d'influencer son présent politique. Les accusations portées par Augustin Kabuya ne sont pas sans précédents dans un pays où les blessures politiques restent béantes. Des organisations continuent de réclamer justice pour Laurent-Désiré Kabila et souhaitent que tous les responsables soient traduits devant la justice.
D'après une source proche du dossier, ces revendications illustrent un besoin persistant chez les Congolais pour la vérité et la réconciliation après des décennies marquées par l'instabilité et la violence. La mémoire collective reste hantée par ces événements passés qui continuent d'alimenter les débats politiques contemporains.
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