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La Division provinciale de la Santé s'oppose à l'Université officielle de Mbuji-Mayi sur le projet de reconstruction des Cliniques universitaires, suscitant des contestations au sein du secteur de la santé.

Un conflit majeur secoue le secteur de la santé dans la province du Kasaï-Oriental, en République démocratique du Congo. La Division provinciale de la Santé (DPS) s'oppose à l'Université officielle de Mbuji-Mayi (UOM) concernant la démolition des Cliniques universitaires, anciennement connu sous le nom d'Hôpital Dipumba. Les travaux de démolition, lancés la semaine dernière, ont provoqué une vive réaction de certains agents du secteur, qui craignent une détérioration des services de santé.
Au cœur de ce désaccord se trouve un projet ambitieux de reconstruction d'un nouvel établissement hospitalier sur le même site. Cette nouvelle infrastructure est censée avoir une capacité de 100 lits, alors que l'ancien établissement aurait pu accueillir jusqu'à 450 lits, selon les chiffres évoqués dans les débats publics. Cependant, cette assertion soulève des interrogations sur l'état réel des infrastructures au moment où l'UOM a pris en charge l'hôpital.
Le recteur de l'UOM, l'Abbé Apollinaire Cibaka Cikongo, a été clair lors d'une conférence de presse tenue le 21 août : « En 1984, quand il a été construit, il avait une capacité de 400 lits », a-t-il précisé. Toutefois, il a ajouté que lorsque l'UOM a pris en gestion les Cliniques universitaires en 2023, celles-ci ne disposaient que de 80 lits. Ce constat met en lumière les défis d'entretien et d'investissement auxquels étaient confrontées les anciennes installations.
Le recteur a défendu avec vigueur le projet de reconstruction, affirmant qu'il est essentiel pour améliorer non seulement la qualité des soins dispensés mais aussi pour renforcer la recherche et la formation des étudiants en sciences de la santé. « Un établissement hospitalier universitaire doit répondre aux standards modernes », a-t-il insisté. Il a également rejeté les accusations selon lesquelles cette initiative serait uniquement à l'initiative de l'université : « Ceux qui affirment que la modernisation relève d’une décision universitaire induisent l’opinion en erreur », a-t-il déclaré.
Les nouvelles cliniques devraient offrir des chambres équipées chacune de toilettes et douches individuelles, un changement radical par rapport aux conditions actuelles qui suscitent des critiques. Malgré ces promesses d'amélioration, les travaux se poursuivent dans un climat tendu, marqué par les protestations d'agents du secteur sanitaire qui voient dans cette démolition une menace pour l'accès aux soins.
Les tensions à Mbuji-Mayi ne sont pas nouvelles et s'inscrivent dans un contexte plus large d'instabilité sociale et politique dans la région. Dans nos colonnes, nous avons déjà signalé que les étudiants et autres acteurs sociaux ont souvent utilisé la manifestation comme moyen d'expression face aux décisions perçues comme arbitraires ou néfastes pour leurs intérêts.
Des manifestations estudiantines avaient déjà eu lieu en mars 2019 contre les dirigeants locaux concernant le dossier délicat de cession d'autres infrastructures sanitaires. Ces événements témoignent d'un malaise persistant au sein des institutions éducatives et sanitaires du Kasaï-Oriental.
Alors que le gouverneur provincial et son administration continuent d'avancer sur ce projet controversé, il est crucial que toutes les parties prenantes soient impliquées dans le processus décisionnel afin d'éviter un aggravement des tensions sociales déjà palpables dans cette province riche en ressources mais pauvres en infrastructures adéquates.
Ainsi, le bras de fer entre la DPS et l'UOM pourrait avoir des répercussions significatives sur la santé publique dans la région si un consensus n'est pas rapidement atteint. La nécessité d'un dialogue constructif entre les différentes parties semble plus pressante que jamais pour garantir un avenir meilleur aux services de santé du Kasaï-Oriental.
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