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Le directeur du Centre africain de prévention et de contrôle des maladies fait face à des accusations de mauvaise gestion et d'abus de pouvoir.

Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (CDC Afrique), est dans le viseur de la Commission de l'Union africaine (UA) en raison d'allégations graves concernant sa gestion. Selon un rapport d'Africa Intelligence, Kaseya est accusé d'être responsable d'une augmentation significative des dépenses opérationnelles et administratives, qui dépassent largement le budget alloué pour 2026.
Les chiffres sont éloquents : les dépenses administratives ont quadruplé, passant à 88 millions de dollars, tandis que les dépenses opérationnelles ont explosé à 192 millions. En comparaison, le budget total pour cette année est fixé à seulement 280 millions. Cette situation a suscité une vive inquiétude au sein des instances dirigeantes de l'UA, qui craignent que ces dérives financières ne compromettent la mission essentielle du CDC Afrique dans la lutte contre les crises sanitaires sur le continent.
Cette crise intervient alors que le CDC Afrique peine à mettre en œuvre sa stratégie budgétaire initialement prévue en 2017. Malgré son lancement ambitieux destiné aux quarante-sept pays membres, la mise en œuvre reste très insuffisante. Un document gouvernemental critiquant cette situation indique que le CDC devrait se concentrer sur ses objectifs fondamentaux plutôt que sur une expansion financière incontrôlée.
En outre, Jean Kaseya serait accusé d'avoir adopté un style de gouvernance jugé autocratique et inaccessible. Ces accusations sont corroborées par plusieurs sources au sein même de l'organisation, qui soulignent un manque de transparence dans la prise de décision et une communication déficiente avec les États membres.
Les tensions croissantes autour de la gestion de Kaseya pourraient avoir des conséquences néfastes sur les efforts continentaux pour faire face aux défis sanitaires actuels, notamment ceux liés aux pandémies récurrentes comme Ebola et le Covid-19. LE JOURNAL.AFRICA avait rapporté en avril 2020 que l'Afrique comptait alors plus de 10 000 cas confirmés de coronavirus, soulignant l'importance d'une réponse coordonnée et efficace des organismes sanitaires.
La situation actuelle pourrait inciter les dirigeants africains à reconsidérer leur soutien à Kaseya et à exiger des réformes au sein du CDC Afrique. Alors que le continent continue de faire face à des menaces sanitaires majeures, la nécessité d'une gouvernance transparente et responsable n'a jamais été aussi pressante.
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