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Covid-19 : le Burundi ne s’en tire pas si mal que ça

Qu’il me soit tout d’abord permis d’implorer votre indulgence. En cette période d’affolement à l’échelle planétaire, nous devons tous respecter, sans grogner, les mesures de prévention mises en place par le gouvernement pour réduire sa propagation. Après, on peut discuter…

Du point de vue du citoyen lambda, il semblerait que le Ministère ayant en charge la santé publique est moins préoccupé par rapport aux pays de la sous-région vis-à-vis de la propagation du CoVid-19. Réellement ? Jean-Dominique Michel, un anthropologue de la santé et expert en santé publique, nous propose une réflexion :  « Le même traitement politique ou journalistique appliqué à n’importe quel épisode de grippe saisonnière nous terrifierait tout autant que l’épidémie actuelle,… cela nous ferait frissonner d’effroi tout autant et même infiniment plus ! »

Du coup, il nous faut une bonne dose de sérénité et renforcer les mesures de prévention, sur le plan personnel au lieu de demander aux décideurs d’ajouter de l’huile sur le feu. Par la grâce du Bon Dieu, évitons de s’en tenir aux informations non vérifiées et de relayer les messages annonçant la fin du monde.

Un confinement irréaliste ?

Mettons d’abord les choses au clair. À propos du confinement, qui a tendance à devenir un sujet de plaisanterie, le fait de « confiner l’ensemble de la population sans les dépister et sans les traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés comme le choléra ». L’anthropologue de la santé et expert de la santé publique suggère que la « seule stratégie qui fasse sens est de dépister massivement, puis confiner les positifs et/ou les traiter, tout comme les cas à risque. » 

Donc, avant de penser au confinement, le dépistage de masse serait désormais une priorité sanitaire nationale. Et pour reprendre les propos du Professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut Hospitalier Universitaire Méditerrané-Infection à Marseille : « Il suffit de mettre en place les moyens pour faire le diagnostic et le traitement d’une maladie infectieuse. C’est-à-dire prendre de vraies mesures logistiques, pragmatiques, rationnelles comme pour le traitement d’une maladie normale. ». S’agissant du traitement, on peut dire que notre ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le SIDA s’y penche encore… tout comme les MiniSanté du monde entier.

Mettre en place quelque chose de techniquement simple 

D’abord, nous soumettre à l’obéissance civile : nous devons tous nous laver les mains très régulièrement, à l’entrée d’un magasin, d’un restaurant, avant de prendre le bus, à l’église, au bar, partout. Et surtout respecter scrupuleusement les gestes barrières.

Le 20 mars 2020, le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le SIDA publiait un communiqué de presse à l’endroit des Burundais résidents à l’étranger ainsi qu’aux étrangers établis régulièrement dans notre pays, et qui sont en dehors du Burundi en ce moment, les informant : 

  • De rester dans les pays de résidence en attendant que des dispositions supplémentaires relatives à la mise en quarantaine soient prises ;
  • Que dorénavant, les frais de résidence et de subsistance pendant toute la durée de la quarantaine seront à la charge du voyageur.

Depuis que le CoVid-19 s’est invité dans la sous-région, la communication émanant du pouvoir de Gitega, autour des mesures de prévention, a été la plus fluide possible. Mais du côté de certains abatwip, cette attitude dénotait un certain laxisme. Ils sont allés jusqu’à qualifier les décideurs d’irresponsables. Mais je me pose une question : et si la réalité donnait plutôt raison au BurundiGov ?

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