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Hugues Hardy Ruremesha, « celui qui ramène l’espoir »

Derrière son allure athlétique, il est difficile d’imaginer un cœur aussi « tendre ». Hugues Hardy Ruremesha a fait de l’aide aux nécessiteux, son combat, sa raison de vivre.

Un nom n’aurait pas été aussi bien porté : Ruremesha, « celui qui ramène l’espoir ». D’ailleurs, ne dit-on pas en kirundi, que « izina ariryo muntu » (le nom fait la personne, ndlr). En adhérant dans un club de leadership au Lycée du lac, le jeune homme commence à se poser des questions sur son apport dans la société. « Dans le club New génération, on a éveillé en moi un esprit de leadership ». 

Après l’obtention de son diplôme des humanités générales, Ruremesha rassemble ses anciens camarades de classe et ensemble, ils fondent l’association des Jeunes au Service d’un Burundi Meilleur-JSBM. 

Troisième d’une fratrie de 4 enfants, Hugues Ruremesha, 28 ans, est né à Cibitoke, communément appelé « Cibitoke ca Rugombo » où ses parents travaillaient comme fonctionnaires de l’Etat. Il grandit par contre à Cibitoke dans la mairie de Bujumbura, tout près de sa zone d’intervention, Buterere. « Je connais Buterere depuis tout petit, je suis familier avec la vie de beaucoup d’enfants de la localité ».

Son motto, vivre pour les autres

L’idée du jeune homme est soutenue par ses amis promotionnaires et JSBM est agréée en 2013. Mais l’association ne commence ses activités qu’en 2017 avec les frais de consultances en gestion et croissance de petites entreprises que le jeune homme gagne, après ses études. Cela va lui permettre de développer trois programmes dont le célèbre « Nanje nobaho », en attendant les sponsors. À part ce programme humanitaire, son association travaille aussi sur l’autonomisation de la femme via son programme Young women leadership empowerment, et un autre programme d’intégration socio-économique des jeunes. 

Ma paye, c’est le sourire d’un enfant

Ce jeune homme visionnaire veut briser le cercle de la formalité. «La réussite à la burundaise suit un schéma prédéfini par la société : Etudier-avoir un bon boulot-fonder une famille- bâtir une belle maison- rouler dans une belle voiture… »

Pour lui, la réussite, c’est le vrai bonheur, c’est ce que tu ressens quand tu évalues tes journées, seul. Sinon les richesses palpables, dit-il, c’est pour impressionner. « Personnellement, je crois que la belle vie c’est d’aider les autres, les aider à réaliser leurs rêves. C’est pourquoi le sourire d’un enfant me donne un sentiment de satisfaction ». 

Il compte redonner le sourire au maximum d’enfants possible. Avec ses collègues, ils vont bientôt ouvrir un centre d’épanouissement culturel avec une salle de lecture, salle de jeux, de cinéma, une piscine, et une salle informatique. « Le centre portera le nom d’Enongo Marie, en mémoire de l’un des 130 enfants qui bénéficient du programme Nanje nobaho, morte par accident dû au manque de lieux appropriés de jeux ». 

À ses heures perdues, Hugues Hardy Ruremesha adore passer le temps avec les autres et pratiquer son sport préféré : le Judo. 

Ils le racontent…

Son père : Petit enfant, il posait déjà des gestes d’amour. Petite anecdote. Un jour, je suis parti avec les enfants pour leur acheter des brochettes dans un bar du quartier laissant leur maman à la maison. Les autres enfants ont tout mangé, mais lui, il a caché deux morceaux qu’il a pris soin d’amener à sa maman.

Ketty, une pote et collègue :  C’est un gars cool, adorable. Il est drôle et est ouvert à chaque âme quelle que soit la relation ou le lien qui les unit ! Il aime les gens et surtout, il aime partager l’amour et aider les nécessiteux. Il est plus créatif et sage qu’on le croit.

Chancelle Bamuhaye, collègue : Je le connais avant tout comme un jeune homme qui aime beaucoup les enfants. C’est quelqu’un qui, quand il commence à faire quelque chose, il n’abandonne pas avant qu’il n’atteigne le résultat final. Un jour, on a collaboré pour collecter les fonds pour les soins de santé d’un enfant. On a réussi à rassembler les fonds et à l’amener à l’hôpital. J’étais surprise de l’entendre me parler des résultats scolaires de Franck, l’enfant en question et son évolution. Contrairement aux autres, il fait le suivi de « ses » enfants et intervient toujours quand ils ont besoin de lui.

Cet article fait partie d’un dossier pensé et rédigé par les blogueurs de Yaga pour mettre en lumière les 25 jeunes burundais qui se sont démarqués pendant l’année 2019, dans différents domaines de la vie sociale.

 

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