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Dysorthographie : nouvelle tendance chez certains administratifs burundais ?

Ces jours-ci, des publications et correspondances officielles comportant des fautes de français, pullulent. Un phénomène qui prend de l’ampleur et qui suscite beaucoup d’interrogations. 

Jeudi, 9 janvier, en me réveillant, comme à l’accoutumée, derrière mon petit écran de mon téléphone, je fais un petit détour sur Facebook et Whatsapp, histoire de me tenir informé des dernières nouvelles. Tout à coup, je tombe sur une correspondance officielle truffée de fautes d’orthographe, où un titulaire du centre de santé de Kiboganya écrit à un certain Niyomwungere Fabrice. Le lendemain, dans une autre correspondance, un chef écrit une correspondance d’abord pour lui-même (ce qui est nouveau pour moi), mais surtout dans un français contenant de lourdes fautes syntaxiques, sémantiques, factuelles et lexicales.

Ces cas ne sont pas isolés. Il y a comme une mode en vogue chez nos officiels, d’écrire des correspondances étonnantes aussi bien sur le fond que sur la forme : des mots mal écrits, mal placés voire inversés ou des erreurs de grammaire. C’est à se demander pourquoi ils n’écrivent pas dans la langue maternelle. En y regardant de plus près, j’essaie de trouver dans ma petite tête, des raisons objectives à cette baisse qualitative qui ne semble pas près de s’inverser.

La faute aux textos ?

L’avènement des textos a poussé les gens à trouver le moyen de dire beaucoup de choses avec peu de caractères, causant une modification de l’orthographe, de la syntaxe et de la grammaire. Un jour, dans l’auditoire, j’ai vu un camarade qui, quand le professeur dispensait le cours, écrivait ses notes à la manière des textos. Qu’est-ce qu’il écrira quand il deviendra directeur ou chef quelque part ?

La qualité de l’éducation ?

Le niveau des intellectuels burundais va diminuant. Qui me contredit ? Une étude sur la pauvreté d’apprentissage parle de 93 % des enfants burundais âgés de 10 ans, c’est-à-dire à la fin de leurs études primaires, qui ne sont pas capables de lire et comprendre un texte basique. 

Le taux de réussite au concours national pour la classe de 9e fondamentale, édition 2019, fait part de seulement 14 % de l’effectif qui ont pu avoir 50 %. Une autre blogueuse témoigne que même à l’université, les étudiants ne fréquentent la bibliothèque que lorsqu’il s’agit de rédiger leurs travaux de fin d’études. Comment bien écrire le français, avec une telle dégradation de la qualité de l’enseignement ?

Négligence ou incompétence ?

Un collègue n’y va pas par quatre chemins : « Sans écarter une possible négligence ou erreur de frappe, le fait que cela se répète témoigne d’un problème d’incompétence des autorités, dû aux recrutements politisés qui ne suivent pas les règles de mérite ni de compétences »

À mon humble avis, il faudrait prendre le taureau par les cornes et «Make education great again», sans oublier de se remettre en cause. Et pourquoi pas, écrire à la main, afin de récupérer ce que la technologie nous a volé ?

 

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