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Soins d’urgence sans conditions pour les accidents routiers : qu’est-ce qui va changer ?

« Il est strictement interdit de demander avant 48 heures la caution à une victime d’un accident de la voie publique», lit-on dans la correspondance du ministre de la Santé et de la lutte contre le SIDA adressée à tous les directeurs des hôpitaux en date du 08/02/2019.  Une mesure qui a fait des heureux.

La correspondance du ministre  stipule « qu’il faut accueillir le blessé et le prendre en charge en urgence, le stabiliser et procéder à la demande de caution après trois jours». Et cela au grand plaisir d’Anaclet, un garde-malade qui fait soigner son frère blessé au cours d’un accident de route.

Je l’ai rencontré dans l’hôpital Roi Khaled au chevet de cet accidenté alité aux urgences. Anaclet n’était pas au courant de la mesure salutaire du ministre. En dépit de l’ignorance de la décision ministérielle, il jubile et indique que : « Cette mesure est d’une importance capitale; je n’avais pas compris comment on m’a permis de faire soigner mon frère alors que je n’avais pas d’argent sur moi ». Et de poursuivre : « On devrait toujours procéder de la sorte, d’abord les soins aux malades, surtout pour les cas urgents se trouvant entre la vie et la mort ; puis après la stabilisation parler du coût que cela implique ».

Du neuf avec du vieux ?

« Les personnes qui nécessitent les soins d’urgence sont toujours prises en charge avant de leur demander quoi que ce soit », me dira Dr F.H, affecté aux urgences de l’hôpital Roi Khaled au moment de notre passage. « Même avant la mesure du ministre, nos services procédaient de cette manière», tient-il à souligner. Il ajoute : « Bien sûr si la personne ou sa famille a les moyens sur elle, elle va payer les frais. Mais, même s’ils n’ont pas l’argent sur eux et que la situation du patient risque d’engager son pronostic vital, on va demander une autorisation de prise en charge. Celle-ci est adressée à l’administration de l’hôpital. On prend en charge donc le patient en attendant que la famille trouve les moyens pour régler la facture ».

La mesure du ministre a surtout permis la  rapidité des services. Désormais, « s’il en vient à demander une autorisation de prise en charge, on est sûr qu’on va l’avoir et dans les brefs délais », dira un autre médecin. Ce qui facilite la prise en charge en urgence. « Cela est d’autant plus vrai que, fait Dr B.I., médecin-stagiaire à l’hôpital Prince Régent Charles, cette prise en charge peut même aller jusqu’à l’hospitalisation du patient si besoin est. Tout cela sans que le patient n’ait à payer la caution avant. »

 

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