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Soudan: l’Occident dénonce le putsch et le golfe Persique botte en touche

Sudanese protesters march in 60th Street in the capital Khartoum, to denounce overnight detentions by the army of members of Sudan's government, on October 25, 2021. Armed forces detained Sudan's Prime Minister over his refusal to support their "coup", the information ministry said, after weeks of tensions between military and civilian figures who shared power since the ouster of autocrat Omar al-Bashir. (Photo by AFP)
L’armée soudanaise a dissous, lundi 25 octobre, le gouvernement de transition du Premier ministre Abdalla Hamdok. Ces militaires dissolvent également le Conseil souverain, un organe de partage du pouvoir composé d’officiers militaires et de civils qui dirigeaient le pays depuis fin 2019. Le coup d’Etat est survenu après plusieurs jours de tensions croissantes entre les autorités militaires et civiles. L’Occident dénonce le coup d’Etat, mais le golfe Arabique botte en touche.

Après le coup d’État de ce lundi, les États-Unis d’Amérique, par son envoyé spécial en Corne de l’Afrique Jeffrey Feltman condamne le putsch. Ce coup d’État va à l’encontre des « aspirations démocratiques du peuple soudanais », souligne-t-il.

Après quelques heures, Ned Price, porte-parole du Département d’État des États-Unis annonce une suspension d’une aide d’urgence de 700 millions de dollars que Washington donnait au Soudan. L’Union européenne et les Nations unies ont également dénoncé ce putsch.

D’autre part, les putschistes ont des liens étroits avec l’Égypte et les pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis. Ces pays évitent de commentaires sur cette situation. Le golfe Arabique fait plutôt appel au calme.

Les leaders militaires et civils rivalisent pour le pouvoir transitionnel

Tout bascule autour de la rivalité pour le pouvoir entre les militaires et les leaders civils. Après le retrait d’Omar al Bashir en 2019 le pouvoir devrait selon le compromis, être géré par les militaires et puis les civils. Ces derniers mois, les FDFC, le principal groupe de protestation, réclament le leadership aux militaires.

De l’autre côté, les partisans de l’armée ont depuis le mois de septembre bloqué la route principale vers le port de la mer rouge du Soudan ainsi que les conduites de carburant, exigeant la dissolution du gouvernement de Hamdok.

Est-ce le djihad?  Le gouvernement de Hamdok a renversé de nombreuses règles islamistes strictes de l’ère al Bashir. Pour ce faire, le chef du gouvernement transitoire remporte les éloges des gouvernements occidentaux et des groupes de défense des droits.

A lire : Soudan: la saisie d’une cargaison d’armes en provenance d’Éthiopie fait polémique

Les Soudanais partagent une vie difficile

Le gouvernement de Hamdok a eu du mal à faire face à une économie paralysée pendant le soulèvement contre Bashir. Beaucoup de manifestants des deux côtés sont motivés par des difficultés économiques.

Les réformes économiques mises en œuvre par le gouvernement intérimaire ont entraîné une hausse de l’inflation. Le pays fait face à des pénuries de biens de base, qui deviennent inaccessibles au citoyen moyen.

Ce mardi, les groupes prodémocratie au Soudan appellent à une campagne nationale de désobéissance civile pour protester contre ce coup.  Au cas où les Soudanais passeraient à l’action, ce pays qui est déjà confronté à de graves crises politiques, économiques et sociales pourrait être mis au point .

A lire aussi : Coup d’Etat au Soudan : les Etats-Unis et l’Europe très inquiets de la situation

Eric Niyoyitungira

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