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La lèpre existe toujours au Burundi (Dr J Baptiste N)

Le Burundi s’est joint vendredi le 22 février 2019 au monde entier pour célébrer la journée mondiale de lutte contre la lèpre. Cette journée se célèbre chaque dernière dimanche du mois de janvier de chaque année.
Rehaussées par Dr Jean Baptiste Nzorironkankuze, secrétaire permanent au ministère de la santé et de lutte contre le SIDA , les cérémonies marquants cette journée se sont déroulées en commune Giharo dans la province de Rutana. Le thème était : » Par nos actions, empêchons la lèpre à se propager dans nos communautés ».

Plusieurs activités ont été organisées dans ce cadre. On citera notamment la visite du centre de santé de Butezi situé en commune de Giharo, des témoignages des malades rétablis après traitement, des jeux concours sanctionnés par des prix …

Le secrétaire permanent au ministère de la santé et de lutte contre le SIDA qui a représenté le ministre de tutelle, Dr Jean Baptiste Nzorironkankuze a fait savoir que les données statistiques collectées par le Programme National Intégré Lèpre Tuberculose montrent qu’en 2018, 380 patients ont été dépistés dans le pays.

La majorité des cas dépistés sont multi bacillaires, c’est-à-dire contagieux, indiquant que la chaîne de transmission est entretenue et que la maladie continue de se propager. Parmi les cas dépistés, un bon nombre présent des invalidités, donnant la preuve que le dépistage est tardif, au moment où commencent les complications de la maladie. Selon lui, des rumeurs persistent encore quant aux modes de contamination de la lèpre, la nature même de la maladie ainsi que le devenir de la personne affectée dans la communauté. Ces rumeurs sur la maladie constituent une des causes de la consultation tardive, au moment où la maladie a déjà atteint le stade des complications.

Cette attitude est la conséquence d’une part, de l’insuffisance d’informations sur la maladie, des craintes et fausses croyances sur la lèpre et d’autre part, de la stigmatisation et de l’exclusion faites à l’endroit des malades lépreux. La peur qu’ont les non-malades de la lèpre persiste et renforce les craintes et la méfiance, a indiqué le secrétaire permanent.

Il a pour cela appelé tout un chacun à s’impliquer pour la solidarité et l’entraide en faveur des personnes affectées par la lèpre. Il n’a pas manqué de remercier les partenaires techniques et financiers qui ne cessent d’accompagner les malades de la lèpre.
Il a profité de l’occasion pour lancer un appel vibrant à ces partenaires à continuer d’accompagner le Burundi dans la lutte contre la lèpre et ses complications, contre la discrimination des malades et pour la de l’inclusion des malades.

Selon le représentant de l’ONG Action Damien au Burundi Michel Sawadogo, une ONG qui intervient spécifiquement pour la lutte contre la lèpre, la lutte contre la lèpre devrait être livrée selon quatre axes : l’axe du dépistage qui doit être de plus en plus actif avec la recherche active des personnes ayant eu un contact avec le malade ; l’axe des soins au malade centré sur une prise en charge de qualité, complète et accessible pour tout patient lépreux, l’axe de la prévention de nouvelles infections ainsi que l’axe de la réinsertion sociale des malades guéris.

De ce fait, l’ONG Action Damien à travers le Programme National Intégré Lèpre et Tuberculose (PNILT) du ministère de la santé, mène des actions d’envergure pour vaincre la lèpre. Ces actions sont entre autres, la formation du personnel de santé sur le diagnostic et le traitement de la lèpre, le dépistage actif à travers les campagnes de dépistage et la fourniture de médicaments gratuits pour le traitement de la lèpre et ses complications a-t-il ajouté.

Michel Sawadogo a rappelé que la lèpre est traitée gratuitement dans tout pays et ce traitement dure 6 mois pour la lèpre dite pauci bacillaire (moins de 5 tâches sur le corps) et 12 mois pour la lèpre dite multi bacillaire (plus de 5 tâches sur le corps).

Pour accompagner la réinsertion socio-économique des malades, Action Damien organise actuellement la campagne chirurgicale annuelle au bénéfice des malades lépreux porteurs d’invalidités. Pour l’année 2019, près de 25 patients bénéficieront des soins en réadaptation.

Des aides diverses sont accordées aux malades défavorisés notamment des prothèses, des béquilles, des chaussures orthopédiques, des Cartes d’Assistance Médicale (CAM) et des kits scolaires pour les enfants scolarisés issus de familles affectées. Des chèvres et des vaches ont été octroyées aux associations pour soutenir les activités génératrices de revenus, des bicyclettes ont aussi été mises à leur disposition pour soutenir les activités de sensibilisation, de dépistage, de suivi du traitement.

Au cours de ces cérémonies, 3 personnes affectées par la lèpre ont reçu des machines à coudre pour soutenir leur réinsertion et trois autres ont reçu les clés des maisons qui leur sont offertes en raison de la précarité et de leur handicap et d’autres ont reçu des pagnes, du riz et des savons de lessive.

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