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Au Kenya, la pilule qui révolutionne le traitement du VIH chez les enfants

A group of HIV-positive children wait under a tree to receive their antiretroviral drugs at the Bangui paediatric complex on December 4, 2018. (Photo by FLORENT VERGNES / AFP)

Le Dolutegravir 10 mg est une pilule soluble sous forme de sirop sucré. Mieux acceptée par les enfants et moins chère, elle est distribué depuis quelques mois dans plusieurs pays d’Afrique, parmi lesquels le Kenya, grâce à l’agence de santé Unitaid.

De notre correspondante à Nairobi

La clinique Léa Toto de Kibera, un bidonville de Nairobi, assure le traitement de dizaines d’enfants nés séropositifs. Adelaïde y emmène sa fille Ruth tous les trois mois. « Je suis venue avec Ruth pour prendre son traitement. Quand elle avait quatre mois, elle est tombée gravement malade. Les médecins m’ont annoncé qu’elle était positive au VIH. J’avais tellement peur. Je ne pensais pas qu’elle survivrait. Mais grâce à Dieu, elle va bien maintenant. »

Ruth a aujourd’hui cinq ans. Sans son traitement, elle n’aurait probablement jamais fêté son deuxième anniversaire, l’espérance de vie moyenne pour un enfant qui naît avec le sida. En dix ans, ce traitement a beaucoup évolué. « Avant, on devait couper des pilules destinées aux adultes afin de les administrer aux enfants, se remémoreCaroline, l’infirmière. Et puis, il y a eu le sirop pour enfant qu’il fallait donner en grande quantité. Son goût était si amer que les enfants le recrachaient ou même le vomissaient. Mais depuis le Dolutegravir, ils aiment prendre leur sirop ».

Un traitement longtemps attendu

Faute de marché et donc de rentabilité pour les groupes pharmaceutiques, il a fallu des années avant la production d’un traitement pédiatrique, sous l’impulsion de l’agence de santé Unitaid, créée il y a 15 ans. « Il y a des nouveau-nés qui naissent séropositifs. Et cela, ça n’arrive que dans des régions d’Afrique. Et à cause de cela, les pharmaceutiques se disent “mon marché n’existe pas en Europe où on me paie beaucoup d’argent pour mes médicaments”. Et donc malheureusement, il n’y avait pas de solution pour ces enfants ici, raconte Hervé Verhoosel, porte-parole d’Unitaid. Nous avons alors travaillé avec les pharmaceutiques à développer des versions thérapeutiques : une tablette au goût de fruit qui regroupe l’ensemble des médicaments pour les enfants qui fonctionne aujourd’hui très bien ».

Un traitement adapté et des diagnostics plus efficaces sauvent désormais la vie de milliers d’enfants. « Le défi était immense pour identifier les enfants séropositifs. C’est pourquoi nous avons créé des tests ADN pour les diagnostiquer et les mettre sous traitement rapidement, expliqueJackson Hungu, gestionnaire de programme chez Unitaid. Ce test combiné à un médicament qui a moins d’effet secondaire et qui est plus facile à administrer offre désormais un traitement bien plus efficace. »

Au Kenya, environ 160 000 enfants séropositifs ont été diagnostiqués. À ce jour, le Dolutegravir 10 mg est distribué dans six pays africains.

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