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Les politiques maliens divisés autour de la dénonciation des accords de défense avec la France

This photo provided Tuesday April 19, 2022 by the French Army shows a French soldier of the Barkhane forces directing operations before France hands over the Gossi base to Malian forces, on April 9, 2022 in Gossi, Mali. (Katucya Barolin, French Army via AP)

Après que Bamako a dénoncé lundi 2 mai les accords défense qui liaient la France et le Mali, le départ des soldats français prévus à la fin de l’été pourrait se compliquer. L’opinion publique et les différentes formations politiques maliennes se retrouvent divisés entre soutenir l’initiative des autorités de transition malienne et dénoncer une position prise par un gouvernement qui n’a « aucune légitimité ».

Les soldats français avaient, dans tous les cas, prévu de quitter définitivement le pays d’ici la fin de l’été. Mais cette décision pourrait compliquer la fin de ce désengagement, elle marquant surtout un point de rupture supplémentaire dans les relations entre la junte militaire au pouvoir à Bamako et les autorités françaises.

Pour Sory Ibrahima Traoré, président du Front pour l’émergence et le renouveau au Mali (FER-Mali), cette « décision est justifiée » et « compréhensible », dit-il, à la tête d’une organisation politique qui soutient les autorités de transition.

Cette décision n’est pas une surprise, puisque depuis un moment, les rapports politiques et militaires entre le Mali et la France étaient très problématiques. La suspicion était vraiment à son comble. Donc nous et le peuple malien en général étaient préparés à cette rupture. Cette rupture est justifiée et c’est une rupture compréhensible, souhaitée et soutenue par une majorité du peuple malien.

Pour Sory Ibrahima Traoré, président du FER-Mali, cette «décision est justifiée»

Abdoulaye Coulibaly ne partage pas cette opinion. Le président de l’Initiative pour la concrétisation des attentes du peuple (Icap), parti membre du Cadre qui rassemble les mouvements opposés aux actuelles autorités de transition maliennes, déplore une prise de position qui aurait dû être laissée « au gouvernement prochain, démocratiquement élu ».

Cette transition n’a aucune légitimité de rompre les accords signés par un gouvernement démocratiquement élu. Ce gouvernement ne représente pas les Maliens, donc je pense que s’il voudrait vraiment rompre les accords avec la France, il devrait laisser cette question au gouvernement prochain, un gouvernement démocratiquement élu. C’est très dangereux parce qu’aujourd’hui on a besoin de tous nos partenaires, dont la France et tous les autres, vu l’insécurité grandissante, et c’est encore dangereux parce que ce n’est pas le rôle de la transition de rompre ces accords-là. On doit se rappeler que c’est la France qui a libéré le Mali et je profite pour rendre hommage aux soldats français, maliens et d’autres nations qui se sont sacrifiés pour libérer le Mali. Le slogan que vous voyez aujourd’hui au Mali, « à bas la France », cela ne représente pas sincèrement les Maliens.

Pour le président de l’Icap Abdoulaye Coulibaly, cette prise de position aurait dû être laissée «au gouvernement prochain, démocratiquement élu»

Bamako et Paris auraient intérêt à un départ sans heurts

Pour l’Ivoirien Arthur Banga, enseignant-chercheur à l’université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, la situation peut générer des complications. Mais ce spécialiste des questions de défense juge cependant que les deux parties ont intérêt à ce que le départ de l’armée française se passe sans heurts.

Selon le chercheur Arthur Banga, Paris et Bamako ont intérêt à un départ de troupes sans heurts

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