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Sierra Leone: le président rétropédale après avoir gracié un magicien meurtrier

Gracié en début du mois par le président pour le meurtre d’un DJ, le célèbre magicien Mbaimba Moiforay, alias L.A.C., vient de voir sa libération totale révoquée. La présidence a fait savoir lundi soir qu’elle avait décidé de retirer sa grâce suite à une enquête.

Après la colère suscitée par la libération de L.A.C., le gouvernement avoue qu’il a été contraint d’écouter l’opinion publique. Les Sierra-Léonais n’avaient pas compris pourquoi le président Julius Maada Bio avait accordé sa grâce à un meurtrier qui n’avait purgé qu’un quart de sa peine de 25 ans.

Ce prétendu guérisseur, et l’un de ses complices avaient été condamnés à la pendaison un an après le meurtre macabre en 2015 d’un DJ célèbre, DJ Clef, Sydney David Buckle de son vrai nom. Il avait assisté à une fête chez L.A.C. – un magicien excentrique – mais DJ Clef n’était jamais rentré chez lui. Son corps avait été retrouvé amputé de certains organes.

La présidence affirme qu’elle n’avait pas tous les éléments pour prendre sa décision. Le chef de l’État a suivi les recommandations d’une commission de clémence. C’est elle qui lui avait donné la liste des prisonniers éligibles au pardon présidentiel. Mais cette commission n’a jamais communiqué la nature des offenses des prisonniers, et d’après des sources concordantes, le nom de L.A.C. aurait été modifié et transformé en Mohamed Konneh.

Le porte-parole du gouvernement s’est contenté aujourd’hui de pointer des erreurs et des irrégularités dans le processus de l’octroi de la grâce présidentielle… sans plus de précisions. Dans le sillage de ce revirement, le président a aussi annoncé le limogeage du ministre de la justice, pour son rôle présumé dans le processus aboutissant au pardon de L.A.C.

L.A.C. doit donc retourner derrière les barreaux pour terminer sa peine. Une nouvelle qui réjouit le père du DJ Clef, Sydney Henry David Buckle senior. « Nous cherchions tous la justice, et cette décision nous conforte. Le président a démis de leurs fonctions des personnes impliquées dans l’octroi de la grâce présidentielle à un meurtrier. J’étais effondré le jour où L.A.C. a été gracié. DJ Clef était mon deuxième fils et je ne me remets pas de sa mort. Comment est-il possible de libérer son meurtrier après seulement cinq ans de prison alors qu’il avait été condamné à perpétuité ? Ce n’était pas juste. J’espère qu’il va être arrêté car j’ai appris qu’il a quitté le pays. Mais je suis très heureux que le gouvernement ait limogé les ministres responsables de cette grâce qui n’aurait jamais dû lui être accordé. »

D’après nos sources, L.A.C. aurait effectivement quitté le pays.

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