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Soudan: la tension monte à El Fasher après la mort de deux cultivateurs

La tension est montée, lundi 8 février, à El Fasher. La grande ville du Darfour Nord, au Soudan, est en proie à des manifestations depuis dimanche. Des membres de la tribu Barti sont en colère après le meurtre d’un des leurs à quelques kilomètres de la ville. Un assassinat perpétré, selon eux, par des nomades arabes. Or un second meurtre, lundi, a mis le feu aux poudres.

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

Peu avant la tombée de la nuit, les forces de sécurité ont tiré, alors que des manifestants étaient entrés dans le grand marché d’El Fasher. Une escalade qui fait suite à un week-end tendu.

Un cultivateur Barti aurait été poignardé à mort, samedi, par un nomade arabe qui venait de faire traverser ses chameaux sur des terres agricoles. Des centaines de Barti avaient alors demandé justice en occupant un site administratif, en lisière de la ville. Ils avaient également amené des centaines de chameaux appartenant au nomade arabe.

Alors que des négociations étaient en cours avec les autorités, la tribu a alors appris qu’un second cultivateur venait d’être tué. Les Barti ont alors brûlé au moins un bâtiment et manifesté en ville jusqu’au marché.

Latifa Ahmed Adam était dans le cortège. Elle est en colère contre les autorités : « Le gouvernement nous avait promis que justice serait rendue. Mais il n’a rien fait. On a remis les chameaux du nomade aux autorités, mais elles nous ont trahis. Après ça, on a eu un second mort. Tout cela c’est à cause du conflit avec les Arabes. Et le gouvernement soutient les Arabes. »

Les manifestants ont bloqué un des axes principaux d’El Fasher, empêchant notamment les bus de quitter la ville. Dans l’après-midi, de nombreuses boutiques ont fermé et un couvre-feu a été instauré de 18h00 à 6h00. Le gouverneur du Darfour Nord a déclaré que trois éleveurs avaient été arrêtés.

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