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Sénatoriales à Madagascar: le nouveau mode de scrutin favorablement accueilli

Le 11 décembre prochain, Madagascar élira ses nouveaux sénateurs. Cette fois, la population entière n’est pas appelée aux urnes. Seuls environ 12 000 grands électeurs voteront. Il s’agit des quelques 1700 maires du pays et de l’ensemble de leurs conseillers municipaux. Hier, devant les candidats, devant les ONG futures observatrices de l’élection et les financeurs du scrutin, la Commission électorale nationale indépendante en charge de l’organisation du vote, a notamment présenté les nouveautés de cette élection.

 

Avec notre correspondante à Antananarivo,  Sarah Tétaud

« C’était une concertation cruciale », lance, d’un air satisfait, un candidat aux sénatoriales, en sortant de la réunion organisée par la Céni.

La nouveauté majeure de ce futur scrutin, c’est la mise en place, dans les 114 bureaux de vote du pays, d’une urne unique par district, et non plus une pour chaque commune. Une belle avancée, explique Fano Rakotondrazaka, le rapporteur général de la Céni.

« Étant donné que dans une commune, le nombre des grands électeurs est petit – on a par exemple 7 ou 5 grands électeurs, c’était facile (avant, NDLR) de connaitre le choix des électeurs dans la commune. Désormais, avec l’installation d’un seul bureau de vote au niveau du chef-lieu de district, les bulletins dans l’urne sont confondus ; c’est un grand pas pour la préservation du secret de vote. »

Le sénateur HVM Manjany, élu à Majunga, ne se représente pas ; il est venu pour s’informer de l’organisation de l’élection et rapporter auprès d’associations qui observeront les élections. Il accueille très favorablement cette modification, tout en soulignant deux risques majeurs de ce système pour certains grands électeurs.

« Cette année, il y a deux maires qui ont été tués par les dahalo [NDLA, bandits, voleurs de zébus]. L’insécurité, surtout dans les districts ou dans les régions enclavées, et les longues distances, ce sont des risques pour les électeurs qui viennent de loin pour rejoindre le chef-lieu de district afin de pouvoir voter. »

L’autre changement notable de cette élection : un bureau de vote unique dans la capitale au lieu des cinq habituels (un par arrondissement). Reste toutefois une inconnue de taille : le nombre réel de grands électeurs aptes à voter. « 255 des 12 000 grands électeurs posent problème », explique la Céni. Élections annulées, maires et élus destitués, vacances de poste, autant de cas de figure qui attendent encore des décisions du Conseil d’État ou du tribunal administratif pour permettre ou non à ces électeurs de voter le 11 décembre prochain.

La propagande doit démarrer le 11 novembre prochain. Pour
rappel, seules 14 listes de candidats seront en concurrence, les grands partis d’opposition ayant décidé de boycotter l’élection suite à la décision prise par ordonnance présidentielle de réduire par 3,5 le nombre de sénateurs.

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