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Le Soudan vote son premier budget de l’après Omar el-Béchir

Le gouvernement et le Conseil souverain se sont mis d’accord sur l’exercice 2020 alors que le pays subit une grave crise économique et que les attentes de la population sont énormes.

Trouver un budget au Soudan est un exercice périlleux. Son économie est en déliquescence, avec pénuries et inflation galopante, alors que les sanctions américaines l’empêchent d’accéder à des prêts des institutions financières internationales.

Pour ce premier exercice de la transition, le gouvernement n’a d’ailleurs pas trouvé l’équilibre, en prévoyant un déficit d’1,6 milliard de dollars. Les autorités espèrent néanmoins un soutien international lors d’une conférence des donateurs prévues en avril.

Le budget 2020 comporte aussi des zones d’ombres. De façon inquiétante, le ministre des Finances a reconnu une hausse du budget de la défense, de 34 à 50 milliards. Pourtant Ibrahim Ahmed Badawi a déclaré que sa proportion passait de 9 à 7%. « C’est un budget de paix qui se concentre sur l’éducation, la santé, le logement et les services sociaux », a-t-il indiqué.

Le chercheur Eric Reeves remet en cause ces chiffres, dans un pays où le secteur sécuritaire détient une part considérable. « Ce budget est-il transparent ? Ça rappelle l’ancien régime lorsque le FMI était incapable d’obtenir des informations crédibles », estime le spécialiste.

Enfin, le projet a été adopté après une polémique. Le gouvernement voulait suspendre les subventions sur le carburant, qui sont un fardeau pour les finances. Khartoum va finalement les maintenir pendant au moins trois mois, jusqu’à une conférence sur la question.

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