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Îles Éparses: à Madagascar, on peaufine la stratégie face à la France

« Mes chers compatriotes Malagasy, il est temps de réclamer nos droits sur ces îles et nous allons y parvenir. Pour cela nous avons besoin de stratégie et d’une organisation efficace ». Cette stratégie, justement, le président Andry Rajoelina espère bien la peaufiner grâce aux idées émises par les participants de cette consultation nationale.

Revendication du « droit à aller pêcher »

Des princes de petits royaumes de la côte ouest de l’île avaient fait le déplacement. Dans la commission « économie bleue et moyens de subsistance », ils ont pu s’exprimer sur un sujet très particulier, comme le relate leur représentant, le chef de la fédération des rois traditionnels de Madagascar, le prince Ndriana Rabarioelina : « Les princes ont revendiqué le droit d’aller pêcher autour des îles Éparses. Il y a des marins sakalavas et vezos qui sont partis pêcher à Juan De Nova. Ils ont rencontré des militaires français puis ils ont disparu. Nous faisons donc appel à l’État français pour lui demander « où sont passés nos pêcheurs ? » et nous lui demandons de les laisser vivre et pêcher dans les eaux autour de Madagascar. »

Gervais Randrianalison, sélectionné pour représenter sa région, Alaotra Mangoro, a, lui, fait deux propositions au sein de la commission « souveraineté » dont l’une a été retenue : « La première c’est qu’on inscrive ces îles Éparses, des îles malgaches, dans notre Constitution. Deuxièmement, c’est que Madagascar se retire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour contester les propos tenus par le président Emmanuel Macron sur le fait que ces îles soient françaises. »

Inscription dans la Constitution

C’est le Premier ministre Christian Ntsay qui a ensuite restitué les différentes propositions : inscription de ces îles dans la Constitution, intégration dans la cartographie de Madagascar ainsi que dans les programmes scolaires. Ou encore, « dans nos relations diplomatiques, les participants ont pensé qu’il fallait donner la priorité à tous ceux qui respecteront la souveraineté de notre Etat. »

Reste désormais à savoir comment le gouvernement utilisera les résolutions de cette concertation nationale dans le cadre des négociations ouvertes avec la France au sujet du futur des îles Éparses. Pour l’invité d’honneur de ce forum sur les « Nosy Malagasy », Didier Ratsiraka (ex-président malgache de 1975 à 1993 et de 1997 à 2002), l’un des pionniers dans les démarches pour la restitution des îles, « Madagascar arrivera à ses fins ».

Pour la population, les préoccupations du quotidien priment

« Combien de temps la Chine a-t-elle réclamé le retour de Honk-Kong à la mère patrie ? Combien de temps ? Ils y sont arrivés. Alors pourquoi pas nous, indique-t-il encore. On s’est mis tous ensemble pour soutenir les Barea, notre équipe nationale de foot. Pourquoi ne le ferions-nous pas pour quelque chose d’aussi important que la souveraineté nationale ? »

Si cette concertation nationale a mis un véritable coup de projecteur sur ces îles et le litige opposant l’État malgache à l’État français, il n’en reste pas moins que pour la grande majorité de la population, les préoccupations du quotidien restent bien éloignées du celle du devenir de ces îles.

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