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Les droits de l’homme s’amenuisent en Tanzanie

Les libertés fondamentales reculent en Tanzanie depuis l’arrivée au pouvoir du président John Magufuli, en 2015. À la mi-novembre, la Tanzanie a franchi un nouveau cap en se retirant de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

Le procès du journaliste Érick Kabendera, emprisonné depuis fin juillet a, une nouvelle fois, été reporté. Il est désormais attendu au tribunal le 18 décembre. Il est poursuivi pour évasion fiscale et blanchiment d’argent. Pour les défenseurs des droits de l’homme, il s’agit d’un prétexte pour museler la presse. Cette « affaire » met en lumière le recul des libertés fondamentales depuis l’arrivée au pouvoir du président John Magufuli.

La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples siège en Tanzanie, mais les ressortissants de ce pays n’ont plus le droit de la saisir. La Tanzanie l’a fait savoir à l’Union africaine, à la mi-novembre. Il suffisait de la notifier pour que soit actée la décision.

Pour l’ONG Amnesty International, il s’agit d’« une preuve de plus de l’hostilité croissante du gouvernement tanzanien à l’égard des droits humains et de leurs défenseur·e·s. »

La Cour africaine, il est vrai, n’a jamais ménagé Dodoma. D’autant plus que, jusqu’en septembre, la Tanzanie était à l’origine de 40% des procédures engagées devant cette juridiction.

Des procédures qui ont souvent abouti puisque la Cour africaine a même statué, la semaine dernière, qu’une section entière du Code pénal tanzanien prévoyant une condamnation automatique à la peine de mort pour certaines infractions posait de multiples et graves problèmes.

La décision de la Tanzanie de claquer la porte est un revers pour les ONG, qui ont joué un rôle important dans la création de la Cour en 2006. À leurs yeux, ce retrait fait désormais planer le doute sur la volonté africaine d’instaurer un organe panafricain de protection des droits humains.

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