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Afrique du Sud: «les étrangers amènent de nouvelles compétences et des idées»

Le calme est revenu en Afrique du Sud, après les violences xénophobes qui ont éclaté en début de semaine et ont fait au moins dix morts. Selon une étude de l’OCDE, il est impossible d’affirmer que les migrants volent le travail des Sud-Africains, et font grimper la criminalité. Et c’est aussi l’avis de certains participants du Forum économique mondial pour l’Afrique, qui s’est terminé au Cap en fin de semaine.

Rya Kuewor travaille au Ghana pour aider l’intégration des réfugiés, et pour lui, il est important de changer les mentalités sud-africaines sur ces populations. « On a souvent l’idée que les réfugiés sont vulnérables, qu’ils ne peuvent pas travailler ou n’ont pas de compétences. Mais on oublie qu’ils avaient des compétences avant de devenir réfugiés. Les réfugiés sont des gens qui ont des connaissances, et veulent apporter leur contribution à leur famille mais aussi à leur pays d’accueil. Bien souvent, ils travaillent, et paient des taxes. »

Pour Isaac Mhlanga, économiste en chef chez Alexander Forbes, même les travailleurs moins qualifiés apportent de la vitalité à l’économie. « Ils amènent de nouvelles compétences, mais aussi des idées innovantes, dans la gestion de petits commerces et favorisent donc le dynamisme économique. En particulier en Afrique du Sud, où l’on a besoin de compétences spécifiques, comme des artisans, des plombiers, des emplois dont ne veulent pas toujours les habitants locaux. »

Et même si une part de leurs revenus est renvoyée chez eux, les résidents étrangers consomment aussi en Afrique du Sud. Pour l’entrepreneuse nigériane Olajumoke Adekeye, le problème vient surtout des employeurs aux méthodes peu scrupuleuses. « Pour les emplois les moins qualifiés, les immigrants peuvent parfois accepter d’être moins payés qu’un Sud-Africain. Mais il faut bien expliquer que ce n’est pas la faute des étrangers qui viennent, mais il faut dénoncer la complicité du secteur privé. »

Les acteurs économiques espèrent que ces récentes tensions n’auront pas d’impact négatif sur l’instauration de la zone de libre-échange continentale. Et pour apaiser les tensions entre Pretoria et Abuja, le président nigérian Muhammadu Buhari effectuera une visite d’État en Afrique du Sud en octobre.

Car cette nouvelle vague d’attaques a suscité l’inquiétude dans de nombreux pays africains, dont le Nigeria, qui compte de nombreux citoyens en Afrique du Sud. Selon le dernier recensement de 2011, le pays compte un peu plus de 2 millions de ressortissants étrangers sur plus de 50 millions d’habitants, qui viennent en majorité des pays avoisinants.

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