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ONU: les shebabs somaliens ne seront pas soumis aux mêmes sanctions que l’EI

Le Conseil de sécurité de l’ONU a rejeté mercredi 28 août une proposition portée par le Kenya qui visait à placer les shebabs sous le même régime de sanctions que l’organisation État islamique et al-Qaïda.

La décision peut paraître surprenante. La résolution 1267 vise en effet à lutter contre le terrorisme et semble donc adaptée au cas des shebabs en Somalie. Mais le Conseil de sécurité a finalement suivi les recommandations de nombreux diplomates de la région et représentants d’ONG qui s’inquiétaient des conséquences que cette mesure.

Appliquée aux shebabs, cette résolution aurait eu des conséquences catastrophiques, expliquent les ONG. Elle aurait annulé l’exemption humanitaire dont bénéficie la Somalie, qui permet aux organisations caritatives de travailler dans des zones contrôlées par les shebabs, sans risquer d’être accusées de soutenir ou de financer indirectement le groupe terroriste.

L’aide humanitaire plus que jamais nécessaire

Il faut dire que dans le sud du pays, les terroristes sont encore présents sur de vastes pans du territoire. Ils prélèvent des taxes et érigent des barrages routiers. Les détournements d’aide humanitaire sont donc fréquents. Malgré cela, les ONG et les anciens diplomates de la région assurent que cette aide est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Dans une lettre adressée au début du mois au secrétaire d’État américain Mike Pompeo, ils ont donc demandé aux États-Unis de s’opposer à la proposition kényane qui aurait pu « mettre des centaines de milliers de vies en danger » en limitant l’aide humanitaire.

Leur appel a en tout cas été entendu. Mercredi, pas moins de six pays, dont les États-Unis et la France, se sont opposés au nouveau régime de sanction proposé par le Kenya. Un résultat salué par Mogadiscio, alors que 4 millions de Somaliens ont aujourd’hui besoin d’aide humanitaire et que parmi eux, un million d’enfants souffrent de malnutrition.

Depuis 1992, il y a au moins 37 résolutions qui ont été prises sur la Somalie. En ce qui concerne les shebabs, on des sanctions qui sont déjà en place et qui sont suffisantes. Notamment celle de 1992, qui limite tout financement matériel à des groupes terroristes, particulièrement les shebabs.

Abdurahman Sharif, conseiller diplomatique du Premier ministre somalien Hassan Al Khayre
29-08-2019 – Par Laure Broulard
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